Bruxelles, 19/06/2006 (Agence Europe) - Participant le 19 juin à Moscou à la conférence annuelle des investisseurs, l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder a estimé que l'Europe n'avait « pas d'alternative fiable à l'énergie russe » en ce qui concerne ses importations d'hydrocarbures. « Il n'y a pas de région plus stable dans le monde que la Russie en ce qui concerne les livraisons de pétrole et de gaz », a ajouté M. Schröder, qui dirige le comité des actionnaires du consortium devant construire le gazoduc en mer Baltique reliant la Russie à l'Allemagne. « Le partenariat énergétique entre la Russie et l'Europe bénéficiera aux deux parties. L'interdépendance peut créer la confiance politique », a-t-il poursuivi, invitant les Européens à « tenir compte de l'orgueil russe » et à ne pas s'estimer redevables pour leurs achats énergétiques. « Les compagnies russes doivent avoir les mêmes possibilités (d'expansion) sur le marché européen que les compagnies européennes en Russie », a insisté M. Schröder en faisant référence aux difficultés rencontrées par le gazier russe Gazprom pour acquérir des actifs dans les réseaux de distribution de gaz dans l'Union. Tandis que les Européens estiment qu'ils devraient pouvoir participer directement à l'extraction et au transport de gaz russe au titre de la « réciprocité », Moscou y reste opposé et défend le monopole de Gazprom sur les exportations de gaz russe. M. Schröder a aussi défendu la position de Moscou lors du conflit gazier qui l'a opposée à Kiev au début de cette année. « Je ne pense pas que la réputation de la Russie ait souffert », a-il affirmé, estimant qu'il s'agissait d'une « question de marché ». « Un Etat souverain doit payer un prix de marché pour son gaz (…) A l'époque où l'Ukraine payait 50 dollars les 1 000 mètres cubes de gaz, l'Allemagne payait 240 dollars », a-t-il relevé, jugeant « stupéfiant » le « privilège » alors « accordé à l'Ukraine ».