Innsbruck, 15/05/2006 (Agence Europe) - Les 23èmes Etats généraux du Conseil des communes et régions d'Europe (CCRE) qui ont rassemblé à la fin de semaine dernière à Innsbruck (Autriche) plus de 1200 représentants des autorités locales et régionales de 36 pays européens ont confirmé « la force de la grande famille de l'autonomie locale et régionale en Europe », a déclaré à l'issue des travaux Oldrich Vlasak, député européen, président délégué du CCRE et président de l'Union des villes et communes de la République tchèque. Démocratie, autonomie locale et régionale, subsidiarité sont les trois principes auxquels les représentants locaux et régionaux ont témoigné d'un attachement très fort. A Innsbruck, les congressistes ont indiqué qu'ils voulaient « une Europe politiquement forte où le rôle des gouvernements locaux et régionaux serait plus important », et se sont engagés à développer les services publics pour l'Europe de demain et à en faciliter l'accès à tous et à travailler au niveau mondial. Les congressistes ont aussi pris connaissance de l'évolution des pouvoirs locaux et régionaux dans l'Europe du Sud-Est, mis en exergue l'importance des jumelages des villes pour la paix et la construction de l'Europe et souligné l'importance de la dimension internationale de la coopération entre villes et régions d'Europe dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement. Enfin, ils ont lancé la Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale (voir EUROPE n° 9191). A ce propos, la Présidente de la Commission des élues locales et régionales du CCRE en Espagne, Vicenta Bosch Palanca, a rappelé que la commission compétente du Parlement européen avait accepté cette Charte. Et d'ajouter: « C'est très simple: les femmes veulent la moitié du ciel, la moitié de la terre et la moitié du pouvoir ! ». Et M. Vlasak de conclure: « Nous espérons également poursuivre l'idée du partenariat en Europe et dans le monde, avec le soutien de nos villes et de nos citoyens. Nous avons souligné l'importance de la dimension urbaine. L'avenir de nos villes, y compris les petites villes qui sont l'épine dorsale de l'Europe, et la cohésion sociale de nos villes méritent toute notre attention ».
La déclaration finale reflète tous ces éléments a indiqué à l'issue des travaux, le Secrétaire général du CCRE Jeremy Smith qui a précisé que: (1) le CCRE soutient le droit pour le Comité des Régions de saisir la Cour de justice européenne afin de garantir notamment la reconnaissance de l'autonomie locale et régionale et une définition exhaustive de la subsidiarité permettant d'impliquer les niveaux régionaux et locaux ; (2) selon le CCRE, quel que soit l'aboutissement du processus de ratification de la Constitution (qu'il soutient), les acquis obtenus par les collectivités locales et régionales, et les progrès du fonctionnement démocratique de l'UE doivent être maintenus et renforcés ; (3) le CCRE accueille favorablement la reconnaissance par la Commission de la contribution des villes en matière de création d'emplois et de croissance, mais estime qu'il faut aller plus loin: c'est pourquoi il demande à la Commission de rappeler aux Etats membres que la dimension urbaine doit être reflétée dans leurs programmes nationaux ; (4) le CCRE demande de garantir le maintien de services publics de qualité à prix accessibles. Quant aux transports, le CCRE souligne qu'ils sont un moyen important pour maintenir le contact avec les îles et les communautés isolées et qu'ils doivent être aidés politiquement et financièrement (ajout à la demande de la délégation grecque) ; (5) le CCRE constate un débat ouvert sur l'opportunité d'une législation européenne sur les services d'intérêt général. Il participera de manière active à ce débat, pour garantir entre autres que les services publics à caractère non commercial et à objectif social ne soient pas principalement définis comme des services d'intérêt économique ; (6) le CCRE affirme que les collectivités locales et régionales doivent rendre compte à leurs électeurs de la qualité des services fournis et de la transparence dans leur processus de décision, tout en approfondissant la participation des citoyens ; (7) le CCRE s'engage à s'impliquer davantage auprès des institutions européennes en faveur du rôle des gouvernements locaux et régionaux en tant qu'acteurs essentiels de la coopération au développement.
Dans son intervention, Eveline Hefkens, coordinatrice du Secrétaire général de l'ONU pour la campagne des Objectifs du Millénaire pour le Développement, a lancé: « Il faut aider les habitants de la terre qui ont moins d'un euro par jour et aider les pays pauvres à exporter leurs produits vers l'Europe ». « Nous voulons contribuer au respect de la démocratie dans les pays de l'Europe du Sud-Est », a enchaîné le Président du Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE), Giovanni Di Stasi. Trois idées ont été avancées par le Président du Comité des Régions (CdR), Michel Delebarre: « (1) le Comité est porteur du message selon lequel le goût de l'Europe passe par les territoires » ; (2) le CdR est pour une directive cadre sur les services d'intérêt général ; (3) « on dit que la femme est l'avenir de l'homme (…). Si on me disait aujourd'hui que la femme est l'avenir de l'Europe et de la démocratie, je dis oui ! ». « Les communes sont l'avenir de l'Europe », a emboîté Liese Prokop, ministre autrichienne de l'Intérieur, en insistant sur le principe de subsidiarité, qu'elle se dit « toujours prête à discuter avec les communes en Autriche mais aussi en Europe ».