Bruxelles, 15/05/2006 (Agence Europe) - Réunis lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union se sont dits prêts lundi à élaborer un paquet de propositions - « incitations » et « sanctions » - audacieuses pour tenter de sortir le dossier nucléaire iranien de l'impasse, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) étant jusqu'à présent incapables de parvenir à un compromis sur un projet de résolution juridiquement contraignant à l'égard de Téhéran. « Ce sera un ensemble de mesures généreux, un ensemble audacieux qui portera sur des questions liées aux domaines nucléaire, économique et, peut-être, si nécessaire, à la sécurité », a déclaré à la presse le Haut représentant Javier Solana. A l'image du paquet de propositions rejeté par l'Iran en août dernier et dont il sera une version enrichie et améliorée, ce nouveau paquet de mesures comprendra: - un volet de coopération technologique offrant, selon M. Solana, « la meilleure technologie possible dans le domaine du nucléaire civil » ; - un volet de coopération économique et commerciale ; - un volet de coopération politique et dans le domaine de la sécurité régionale. « L'idée n'est pas d'isoler davantage Téhéran mais de faire revenir les Iraniens à la table des négociations », a estimé la ministre autrichienne des Affaires étrangères et présidente du Conseil Ursula Plassnik. « Si l'objectif des Iraniens est d'avoir de l'électricité produite à partir du nucléaire, il leur sera difficile de refuser le paquet que l'UE-3 (Allemagne, France et Royaume-Uni) leur proposera », a commenté M. Solana avant de poursuivre: « s'ils rejettent le paquet, cela signifiera que Téhéran veut autre chose que de l'électricité produite à partir de l'énergie nucléaire ». Discuté par le Conseil Relations extérieures, cet ensemble de mesures, qui comprendra non seulement des incitations mais aussi des sanctions, ne sera effectif que si Téhéran suspend toutes ses activités liées à l'enrichissement d'uranium (notamment ses activités de recherche-développement). Ses grandes lignes devraient être présentées vendredi aux négociateurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité lors d'une réunion à Londres. « Je pense que les Iraniens vont s'apercevoir que les Européens sont courageux. C'est une des dernières chances pour résoudre le conflit d'un point de vue diplomatique », a expliqué à l'AFP le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn. Prenant note de l'échec de Téhéran à se conformer aux exigences du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Agence internationale de l'énergie atomique et à suspendre toutes ses activités liées à l'enrichissement d'uranium, les conclusions du Conseil soulignent que « l'Union espère que l'Iran acceptera une telle offre ».