Tripoli/Sofia, 11/05/2006 (Agence Europe) - Le procès des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien accusés par la Libye d'avoir inoculé volontairement le virus du Sida à plus de 400 enfants libyens devait reprendre ce jeudi 11 mai. Fin 2005, une cour libyenne avait annulé la peine de mort prononcée à leur encontre et l'affaire reprend sur base d'un nouvel acte d'accusation qui devait être précisé au cours de cette première séance. Le procès dure depuis l'an 2000. Le règlement de ce litige entre la Libye et la Bulgarie conditionne la normalisation des relations euro-libyennes et notamment l'adhésion de Tripoli au processus EuroMed.
Selon l'avocat des parties bulgares, Maître Cheitanov, « c'est un procès judiciaire unique en son genre contre des ressortissants bulgares à l'étranger ». Il a dit à la radio bulgare qu'il s'attend à ce que « le poids et les chefs d'accusation seront élargis ». Pourtant, assure l'avocat, « sept années (de procès) n'ont pas suffi pour trouver des preuves convaincantes de la prétendue inoculation intentionnelle du virus du Sida aux enfants libyens ». Il estime que la vérité servira non seulement ses clients mais permettra aussi à la Libye de déterminer les vraies causes de la contamination et d'éviter le sida à d'autres enfants libyens. « Les cadres médicaux bulgares sont venus travailler en Libye non pas pour tuer les enfants libyens, mais pour leur donner la vie, raison pour laquelle les Bulgares représentent 90 % du personnel médical de la polyclinique du colonel Kadhafi », note l'avocat, qui regrette néanmoins le mauvais procès fait à ses clients. « Personne ne peut réparer les erreurs commises au début par l'instruction et la justice libyennes. Selon les normes internationales, c'est un procès qui est depuis déjà sept ans en violation des droits de l'homme », affirme-t-il, en approuvant le choix du gouvernement bulgare d'« internationaliser la question ». L'avocat indique que « des chercheurs de notoriété mondiale s'y sont engagés, comme les professeurs Luc Montagnier et Vittorio Colizzi, dont les rapports prouvent catégoriquement que l'épidémie dans l'hôpital de Benghazi a été le résultat des mauvaises conditions d'hygiène ». Par ailleurs, l'avocat n'approuve pas l'idée d'un effacement de la dette libyenne vis-à-vis de la Bulgarie (53 millions de dollars devant être versés à un fonds d'aide aux enfants contaminés par le virus du Sida), car cela « signifierait reconnaître que notre stratégie (de défense) jusqu'ici n'a pas été la bonne ».