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Bulletin Quotidien Europe N° 9190
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe

Le gouvernement d'Angela Merkel tient à la Constitution européenne et met en garde contre des « décisions hâtives » - Appel à une « refondation » de l'UE, qui « doit placer les citoyens au centre de ses préoccupations »

Bruxelles, 11/05/2006 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel a réitéré le 11 mai devant le Bundestag l'attachement de son gouvernement à la Constitution européenne, mais n'a donné aucune indication précise sur la manière dont la Présidence allemande du Conseil de l'UE envisage d'aborder le sujet au premier semestre 2007. « Je veux ce Traité constitutionnel, le gouvernement veut ce Traité constitutionnel », car ce texte est le meilleur moyen pour avoir « une Europe capable d'agir », a affirmé Mme Merkel dans sa première déclaration gouvernementale sur la politique européenne.

L'UE a besoin de cette Constitution pour pouvoir faire face aux multiples défis de l'avenir, a dit la chancelière allemande. Elle a notamment souligné l'importance d'une répartition claire des compétences - comme le prévoit la Constitution - entre les institutions communautaires, les Etats membres et les pouvoirs régionaux. Lorsque « les compétences sont mélangées, il y a toujours déficit démocratique ». Pour pouvoir sauvegarder le projet de Constitution, il faut éviter de prendre des « décisions précipitées », a-t-elle averti - une allusion aux demandes de ceux qui, notamment en France, souhaitent extraire du texte certains éléments afin de les mettre en œuvre le plus rapidement possible. « Nous devons réfléchir sur la manière nous permettant de mener le projet constitutionnel vers un aboutissement heureux », a exhorté Mme Merkel qui s'est limitée à dire que la future Présidence allemande du Conseil de l'UE « traitera », évidemment de ce dossier. Parmi les autres priorités figureront la recherche et développement (R&D) ainsi que la simplification législative et la réduction de la bureaucratie dans l'UE.

La chancelière a aussi appelé à une « refondation » de l'Union européenne, qui, a-t-elle estimé, demeure capable de promouvoir dans le monde les valeurs démocratiques qui constituent son héritage. « Une nouvelle fondation de l'UE est plus nécessaire que jamais », l'Europe doit montrer au monde qu'elle peut défendre une « politique conforme à ses conceptions », a-t-elle martelé. Mais avant tout, elle doit « placer le citoyen au centre » de ses préoccupations et regagner la confiance des peuples, a-t-elle mis en garde.

A propos de l'élargissement, Mme Merkel a souligné que « ce qui a été promis (aux candidats) doit être tenu », mais que « les déficits (des pays adhérents) ne doivent pas être cachés sous le tapis ». L'adhésion à l'UE « ne peut pas avoir lieu à n'importe quel prix », a-t-elle affirmé. Elle a aussi souligné l'importance pour une entité comme l'Union européenne de réfléchir sur ses frontières extérieures.

A Bruxelles, l'eurodéputée allemande Silvana Koch-Mehrin (ALDE), membre du FDP qui est à l'opposition en Allemagne, s'est félicitée « de l'intention de Mme Merkel de placer les citoyens au centre de la politique européenne ». « Je lance un appel à Angela Merkel pour qu'elle fasse des propositions concrètes à ce sujet afin que ses intentions ne restent pas des déclarations vides », commente Mme Koch-Mehrin dans un communiqué. A propos de la Constitution européenne, le FDP est favorable à la tenue d'un référendum dans tous les pays membres de l'UE le jour des élections européennes de 2009, a-t-elle dit. Toujours au Parlement européen, le jugement de la verte allemande Rebecca Harms est encore plus sévère: dans un communiqué, elle reproche à la chancelière de « cacher dans le brouillard de la rhétorique » la question de savoir « comment l'Europe devrait avancer « (même si son analyse est tout à fait correcte, admet la parlementaire). Mme Harms considère « totalement inutile » la référence de Mme Merkel à un ancrage des « racines chrétiennes de l'Europe » dans la Constitution européenne, et juge « consternant » que la chancelière affirme que cela est nécessaire dans l'intérêt du dialogue avec d'autres religions et cultures. L'élu de la CDU Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères du PE, est, au contraire, extrêmement positif, et lance: « Angela Merkel rapproche à nouveau l'Europe des gens ».

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