Bruxelles, 11/05/2006 (Agence Europe) - Dans le cadre de ses discussions sur la directive 2001/95/CE sur la sécurité générale des produits, le Comité des représentants permanents des Etats membres de l'UE s'apprête à discuter de la proposition législative sur les briquets de sécurité. En février, la Commission avait proposé d'imposer aux producteurs et importateurs de doter les briquets d'une sûreté propre afin de prévenir leur utilisation par des enfants (EUROPE n° 9128). Offensif, le Commissaire chargé de la santé publique et de la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, a appelé jeudi les Etats membres à soutenir cette initiative. « Les producteurs et les importateurs peuvent appliquer à peu de frais des normes de sûreté qu'ils respectent sans aucun problème dans d'autres parties du monde lorsqu'ils y sont tenus », rappelle M. Kyprianou dans un communiqué, soulignant que « puisque les fabricants refusent d'appliquer volontairement les normes en question, nous sommes contraints de légiférer ». Et d'ajouter: « La proposition de la Commission est sur la table ; il appartient désormais aux États membres d'y souscrire et de nous aider à sauver des vies. Je suis certain que les gouvernements ne tourneront pas le dos aux consommateurs - et aux enfants - européens ».
Jusqu'à présent, les initiatives spontanées n'ont pas été suivies d'effet. Une norme européenne existe depuis 2002, mais ni les producteurs ni les importateurs ne l'appliquent, de sorte que la Commission souhaite légiférer. Rien ne devrait, semble-t-il, s'opposer à une telle législation qui, appliquée dans d'autres parties du monde, s'avère efficace et dont les coûts pour les producteurs et les importateurs restent minimes. Depuis 1995, des lois similaires sur les briquets munis d'une sûreté pour enfants sont en vigueur aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Selon une étude américaine de 2002, le nombre de morts et de blessés et l'ampleur des dégâts matériels dus aux incendies provoqués par des enfants ont chuté de 60 % depuis l'adoption de cette loi. De même, selon une source américaine, le prix du briquet devrait augmenter de 1 à 5 centimes d'euro et les répercussions sur le marché seraient très limitées, argumente la Commission, visiblement déçue que les grands fabricants de briquets d'Europe et d'Asie se plient à ces exigences pour leurs exportations vers les États-Unis et d'autres pays où existe une législation ad hoc, mais rechignent à le faire sur le sol européen.