Bruxelles, 06/04/2006 (Agence Europe) - « Nous aurions pu collecter plus d'informations si les gouvernements européens avaient coopéré davantage », a déclaré le 4 avril Wolfgang Kreissl-Dörfler (PSE, allemand), membre de la commission temporaire du PE sur les activités illégales de la CIA sur le sol européen. « Nous avons demandé les résultats des enquêtes nationales sur ce sujet mais nous n'avons reçu aucune information supplémentaire de leur part », déplore-t-il dans un communiqué. C'est la constatation qui ressort de la réunion de la commission temporaire, le 3 avril au Parlement à Strasbourg. Après avoir écouté les différents témoignages (EUROPE n°9159), le rapporteur de la commission, Claudio Fava (PSE, italien), a la certitude que « certains de ces vols ont été impliqués dans les pratiques de restitutions extraordinaires ». Il ajoute dans le même communiqué: la réglementation européenne sur le contrôle aérien s'est révélée insuffisante, mais toutes les preuves tendent aussi à confirmer que « depuis le 11 septembre 2001, les droits fondamentaux sont bien moins respectés ». Revenant sur l'objectif politique de la commission temporaire, M. Fava indique que « l'essentiel n'est pas de savoir s'il y a eu complicité des Etats membres, mais (…) qu'à l'avenir la lutte contre le terrorisme ne s'accompagne pas de violations des droits de l'Homme ».
Lors de la prochaine réunion de la commission temporaire, le 20 avril à Bruxelles, les députés auditionneront l'ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan Craig Murray, le coordinateur de l'UE chargé de la lutte antiterrorisme Gijs de Vries, le journaliste Matias Vallés du Diario de Mallorca et l'ancien membre de la force de paix de l'ONU et ancien officier de l'Armée irlandaise Edward Horgan.