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Bulletin Quotidien Europe N° 9169
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/belarus

Le PE souhaite davantage de sanctions ciblées contre le régime de Loukachenko et davantage de soutien au peuple biélorusse

Strasbourg, 06/04/2006 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté jeudi une résolution qui demande la tenue de nouvelles élections présidentielles au Bélarus, où Alexandre Loukachenko « ne peut pas être reconnu comme le président légitime » en raison du caractère anti-démocratique du scrutin du 19 mars. Les députés se félicitent de l'intention du Conseil d'ajouter M. Loukachenko à la liste des personnes frappées par une interdiction de visa, mais demandent que cette liste soit davantage élargie à tous les responsables locaux, régionaux et nationaux impliqués dans les violations des droits de l'Homme et des libertés politiques. Le Conseil devrait aussi travailler en faveur d'un gel international des avoirs à l'étranger des membres du régime et de son isolement complet dans les organisations internationales. Parallèlement, il faut soutenir le peuple biélorusse, estime le PE qui suggère notamment un régime assoupli pour l'octroi de visas, davantage d'aide aux médias libres et le financement de programmes d'échanges pour les jeunes du Bélarus. Le PE se dit aussi « consterné » par les réactions de la Douma et du Président Poutine qui ont félicité M. Loukachenko. L'UE doit aborder de toute urgence la question du Bélarus dans ses contacts avec Moscou, « qui apporte un soutien décisif à la dernière dictature existante en Europe ».

Tout comme le texte de la résolution, le débat - mercredi après-midi en présence d'Alexandre Milinkevitch - était lui aussi marqué par un rare consensus parmi tous les orateurs. Tout d'abord, sur la nécessité de prendre des sanctions ciblées contre Loukachenko et ses collaborateurs et d'éviter à tout prix des mesures qui pourraient punir la population. Outre la liste élargie des personnes couvertes par l'interdiction de visa qui sera adoptée lundi par le Conseil (voir EUROPE n° 9168), « l'UE examine encore d'autres sanctions, qui ne doivent cependant pas toucher la population », a confirmé Hans Winkler (présidence autrichienne). C'est bien d'avoir mis Loukachenko sur cette liste, « mais il faudrait aussi y ajouter toutes les personnes responsables de la répression des manifestations et notamment les gens qui expulsent des universités les étudiants qui ont participé au mouvement d'opposition », a demandé Bogdan Klich (PPE polonais). Jan Wiersma (PSE, néerlandais) insiste sur le gel des avoirs financiers des responsables du régime, tandis que son compatriote Camiel Eurlings (PPE) propose un embargo international contre les exportations d'armes en provenance du Bélarus, « des exportations qui remplissent considérablement les poches de Loukachenko ». Parallèlement, l'UE doit prendre des mesures positives pour aider la population, par exemple faciliter les procédures d'obtention de visa et en réduire le coût (certains, comme le Polonais Janusz Onyszkiewicz, demandent même la gratuité des visas), ce qui permettrait aux Biélorusses de voyager plus facilement. A très court terme, les Etats membres de l'UE doivent prendre des mesures pour accueillir les nombreux étudiants expulsés des universités, en leur offrant des bourses d'étude, ont demandé de nombreux députés. « Nous avons des programmes comme Erasmus et Tempus » et la Commission est prête à examiner les possibilités d'aides financières pour ces étudiants, a indiqué Benita Ferrero-Waldner. Auparavant, le Président du Conseil européen, Wolfgang Schüssel, a confirmé que des contacts sont en cours avec plusieurs pays membres à ce sujet.

La Russie et le soutien qu'elle apporte au régime de Minsk (« Loukachenko est un gouverneur désigné par Moscou », a dit le Lituanien Vytautas Landsbergis, PPE) ont été omniprésents dans le débat. Il faut que l'UE fasse du Bélarus un sujet central lors de tous les contacts avec Moscou, y compris lors des prochaines réunions du G-8 que préside actuellement la Russie, ont demandé presque tous les orateurs. « Avez-vous peur de mentionner le Bélarus avec Moscou, peut-être en raison de la nouvelle stratégie énergétique de l'Union » dans laquelle la Russie joue un rôle important ? a voulu savoir du Conseil et de la Commission la Néerlandaise Jeanine Hennis-Plasschaert (ALDE). « Peur ? Non, nous n'avons pas peur !», a répondu Hans Winkler: « Nous connaissons les valeurs de l'UE et nous les défendons sans ambiguïté, y compris à l'égard de la Russie ». Il faut que Vladimir Poutine comprenne qu'un autre président que M. Loukachenko ne mettrait pas en cause les relations particulières entre le Bélarus et la Russie, a estimé Benita Ferrero-Waldner.

Plusieurs députés ont insisté sur l'importance du changement psychologique qui a eu lieu avec les élections du 19 mars, « où la population a perdu la peur devant Loukachenko », comme l'a affirmé Camiel Eurlings (PPE). Ce n'est pas gagné d'avance, a tempéré le Suédois Jonas Sjöstedt (GUE/NGL), car Loukachenko bénéficie aussi du soutien populaire, notamment à cause de la sécurité qu'il offre sur le plan social « et que beaucoup de citoyens biélorusses sont prêts à échanger contre la liberté démocratique ». Beaucoup de députés polonais ont pris la parole, et la plupart d'entre eux n'ont pas caché leurs ambitions à propos de l'avenir européen du Bélarus. « La Pologne et le Bélarus ont une frontière et une histoire commune, et j'espère que nous aurons aussi un avenir commun » en Europe, a dit par exemple Jan Tadeusz Masiel (non inscrit). Son compatriote Konrad Szymanski (UEN) a été encore plus clair en s'adressant directement à M. Milinkevitch: « Espérons qu'un jour, vous et vos amis, vous siègerez aussi dans cet hémicycle » du PE. Hans Winkler et Benita Ferrero-Waldner ont rappelé que « l'objectif est l'inclusion du pays dans la politique de voisinage».

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