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Bulletin Quotidien Europe N° 9169
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/iran/holocauste

Mme de Keyser dénonce le « révisionnisme » de propos iraniens et décline une invitation à Téhéran - L'ambassadeur iranien affirme le droit de commenter des faits historiques

Strasbourg, 06/04/2006 (Agence Europe) - La socialiste belge Véronique de Keyser, qui a été chef de la mission d'observation de l'UE aux élections palestiniennes du 25 janvier, a décliné l'invitation que lui a adressée le gouvernement iranien à une « Conférence internationale sur la Palestine », le 14 avril à Téhéran, en rappelant qu'elle est choquée par l'attitude iranienne sur l'Holocauste. Dans sa lettre de réponse à l'invitation de l'ambassadeur iranien à Bruxelles, la parlementaire européenne met en cause encore une fois cette attitude après l'échange assez vif qu'elle a eu à ce sujet le 20 février avec le ministre iranien des Affaires étrangères lors d'une rencontre au Parlement européen (voir EUROPE n° 9136). Manouchehr Mottaki avait, rappelle-t-elle, « déclaré qu'il était nécessaire de mettre sur pied un comité scientifique qui serait chargé de vérifier la véracité et l'ampleur de l'holocauste » et que « les débats sur l'Holocauste devraient relever du seul domaine scientifique ». Mme de Keyser avait alors reproché au ministre « le caractère inacceptable de ces propos proches des thèses révisionnistes ». L'ambassadeur iranien, dans sa lettre d'invitation, reproche à son tour à Mme de Keyser de ne pas avoir fait preuve de « tolérance et de dialogue », trahissant ainsi, selon lui, ses propres engagements politiques. En ce qui concerne l'Holocauste, écrit-il, « je tiens à souligner que la République islamique d'Iran, tout en rendant hommage aux victimes des crimes du fascisme », estime que « le régime israélien n'a pas le droit de monopoliser les droits matériels et spirituels » de ces victimes. « De plus, tracer une ligne rouge pour une tragédie historique et prohiber toutes sortes de commentaires et de recherches à ce sujet, ne fera que mettre en cause les principaux droits fondamentaux, tels que la liberté d'expression ». Mme de Keyser rappelle à l'ambassadeur que les propos « révisionnistes » sont sanctionnés par les tribunaux en Europe et elle estime que, dans de telles conditions, le dialogue avec l'Iran devient malaisé: « Vous connaissez l'extrême modération de nos propos (de son groupe, le PSE: NDLR) (…) qui a tout à fait droit à un développement nucléaire en Iran à des fins civiles. Mais cela ne m'oblige nullement à devoir entendre, au sein du Parlement européen, des thèses révisionnistes obsolètes et condamnables ». Son message est clair: « Ne venez pas refaire notre histoire ».

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