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Bulletin Quotidien Europe N° 9169
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/proche-orient

Selon certains députés, la nouvelle situation après les élections palestiniennes et israéliennes pourrait s'avérer être une chance pour le changement - Daniel Cohn-Bendit suggère de faire du Quartette un « Quintette » en l'élargissant à la Ligue arabe

Strasbourg, 06/04/2006 (Agence Europe) - La situation au Proche-Orient continue d'inquiéter l'UE, mais dans le débat qui a suivi la déclaration de Javier Solana (EUROPE n° 9168), certains parlementaires européens ont exprimé mercredi après-midi, malgré beaucoup de doutes, l'espoir que, si les deux parties sont prêtes à bouger, la situation pourrait se débloquer. Javier Solana a tout dit…, mais nous aussi, à la Commission européenne, sommes confrontés à une situation dramatiquement différente après les élections palestiniennes du 25 janvier et israéliennes du 23 mars, a déclaré Benita Ferrero-Waldner. Nous sommes prêts à travailler avec le futur gouvernement israélien, mais nous devons travailler avec les deux parties, et nous sommes convaincus que la majorité des deux peuples désire profondément une paix durable, a affirmé la Commissaire aux Relations extérieures, en ajoutant: c'est aux leaders de montrer le chemin. Quant à l'aide humanitaire à la Palestine, la Commission n'y renoncera pas, mais si les circonstances ne changent pas, cela aura forcément un impact sur cette aide, a-t-elle précisé, en répétant: en tout cas, cette aide ne doit pas servir des objectifs terroristes.

C'est la voix de la raison qu'on entend en écoutant Conseil et Commission, note José Salafranca pour le PPE-DE. Pour le PSE, Véronique de Keyser estime que « l'équation dans laquelle on se trouve maintenant n'est peut-être pas si mauvaise », et appelle la Commission à soutenir l'Autorité palestinienne, mais pas une « administration présidentielle s'érigeant en contre-pouvoir ». Les deux parties semblent déterminées à agir de façon unilatérale, déplore Annemie Neyts pour le groupe ALDE. Et pourtant, si ce qui les motive est leur propre intérêt plutôt que la volonté de nuire aux autres, il y a peut-être une chance à saisir. L'UE, selon le co-président des Vers/ALE, Daniel Cohn-Bendit, doit parler clairement et doit dire que le mur érigé par les Israéliens est « une conquête territoriale » qui va contre les principes de l'Union, et que la non reconnaissance d'Israël par le Hamas va aussi contre les principes de l'Union. En même temps, l'Union doit obliger les parties à négocier sur des questions vitales comme celle de l'eau potable, insiste le vert allemand, qui s'interroge enfin: pourquoi le Quartette ne pourrait-il pas devenir un Quintette, avec la participation de la Ligue arabe ? L'aide ne suffit pas, les Palestiniens et les Israéliens ont besoin de liberté, s'est écrié Francis Wurtz, président du groupe GUE/NGL, en suggérant une fois de plus un geste symbolique: la réunion de la Conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen à Jérusalem Est. Certains députés estiment qu'il faut en tous les cas parler avec le Hamas, comme la socialiste slovaque Monika Benova, alors que d'autres, notamment Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères, et le libéral finlandais Hannu Takkula, sont contre tout contact avec un groupe qui souhaite effacer Israël de la carte du monde. L'occupation « ronge la fibre morale d'Israël lui-même, remarque le travailliste britannique Richard Howitt, alors que Edith Mastenbroek (PSE néerlandaise) invite le Hamas lui-même à respecter les droits des Palestiniens, et espère qu'il pourra changer, en citant Ariel Sharon, qui a affirmé que, lorsqu'on arrive au pouvoir, « la perspective change de façon dramatique ». Oui, tout le monde a le droit de changer, et de changer en mieux, concorde Javier Solana, en constatant que les deux récentes élections ont fait émerger une classe politique différente et qu'il faut en profiter.

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