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Bulletin Quotidien Europe N° 9169
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Statu quo sur les taux d'intérêt de la zone euro - A ce stade, M. Trichet n'anticipe pas une nouvelle hausse en mai

Bruxelles, 06/04/2006 (Agence Europe) - Réunie le 6 avril en présence du Commissaire aux affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia, le Conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) a décidé de maintenir le taux appliqué aux opérations principales de refinancement à 2,50% et ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt, à respectivement 3,50 % et 1,50 %. Après la hausse de 25 points de base intervenue le mois dernier, la BCE confirme que les risques pour la stabilité des prix restent orientés à la hausse, mais laisse aussi entendre qu'une nouvelle hausse des taux d'intérêt de la zone euro n'est pas aussi imminente que la plupart des acteurs du marché le prévoyaient.

Les informations récentes « confirment notre appréciation de la nécessité d'ajuster notre politique monétaire accommodante pour faire face aux risques haussiers pour la stabilité des prix », a indiqué M. Trichet. Les perspectives de croissance se sont améliorées dans la zone euro et les enquêtes publiées ou les indicateurs montrent qu'elle se « renforce et s'élargit pour la première moitié de 2006 », a-t-il expliqué, en rappelant que l'économie mondiale reste « forte », les investissements « solides » et les conditions de financement « très favorables ». La croissance de la consommation devrait-elle aussi se renforcer à mesure que la situation sur le marché du travail continue de s'améliorer progressivement. Malgré l'impact du prix du pétrole et des déséquilibres mondiaux, les risques pour la croissance paraissent « grosso modo équilibrés sur le court terme ».

Le taux d'inflation, qui a baissé à 2,2% en mars (2,3% en février et 2,4% en janvier), devrait toutefois rester au dessus de 2% à court terme, analyse M. Trichet, qui voit dans l'évolution des prix administrés et des impôts indirects une menace significative pour les prix en 2006 et 2007. Les effets des hausses passées du brut pourraient aussi entraîner des effets de second tour sur les salaires et les prix, en reconnaissant: « La dynamique salariale dans la zone euro est restée modérée au cours des derniers trimestres et la croissance des salaires devrait rester contenue ». Et d'appeler les partenaires sociaux à continuer sur cette voie. Répondant à une question, M. Trichet a confirmé: « Je suis très prudent mais au jour d'aujourd'hui nous n'avons pas constaté d'effets secondaires qui représentent un risque très élevé ». Mais nous aurions tort d'attendre que cela se manifeste pour agir, a-t-il aussitôt précisé.

Longuement interrogé sur une future hausse des taux d'intérêt, M. Trichet a corrigé les anticipations des acteurs du marché qui s'y attendent en mai: « La forte probabilité dont on parle en ce qui concerne l'augmentation des taux lors de notre prochaine réunion ne correspond pas au sentiment actuel du Conseil des gouverneurs ». Et de lancer aux journalistes: « C'est vrai, je n'ai pas prononcé dans mon communiqué le mot de « vigilance » comme vous l'avez constaté ». Une légère mise au point qui semble reporter les attentes au mois de juin lorsque le Conseil des gouverneurs se réunira à Madrid. « Dans le cas présent, il s'agit d'une légère correction car le marché, si je ne m'abuse, chiffre à 100% la probabilité d'une hausse de taux en juin au plus tard », a ainsi glissé M. Trichet. Il n'y a en effet « pas de règle qui nous empêche de relever les taux lorsqu'on se trouve dans un autre pays, et en juin nous disposerons d'une foule d'informations venant de tous les horizons », ajoute-t-il (alors que les acteurs du marché croient savoir que la BCE ne souhaite pas modifier ses taux lorsque le Conseil ne siège pas à Francfort). Et de lancer: « J'ai dit tout ce que j'avais à dire tant sur mai que sur juin. Tirez-en la conclusion ».

Du point de vue budgétaire, les Etats membres seraient bien inspirés de faire plus, car si les résultats pour 2005 sont « majoritairement meilleurs » que prévu, les prévisions pour 2006 ne montrent « pas de progrès significatif de consolidation budgétaire pour la zone euro dans son ensemble », insiste M. Trichet, en rappelant que « reporter l'assainissement budgétaire alors que l'environnement économique s'améliore comporte des risques pour le moyen terme ».

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