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Bulletin Quotidien Europe N° 9148
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/ua/soudan

L'Union africaine conservera un rôle clé au sein d'une éventuelle mission de l'ONU au Darfour, affirment l'UE, les Américains, l'UA et l'ONU

Bruxelles, 09/03/2006 (Agence Europe) - Si l'ONU devait prendre au Darfour (Ouest du Soudan) la relève de l'Union africaine, actuellement au commandement de la mission AMIS II, l'Union africaine conserverait en tout état de cause un rôle central dans cette éventuelle mission de maintien de la paix renforcée. Mais encore faudrait-il que les pourparlers d'Abuja entre toutes les parties au conflit - le gouvernement soudanais, les milices et les mouvements rebelles - s'accélèrent et débouchent sur une solution politique qui apporte enfin la paix durable dans cette région en proie depuis 2003 à des exactions qui ont fait des dizaines de milliers de morts et deux millions de personnes déplacées et continuent d'exposer les populations civiles à une insécurité et une violence constantes. C'est le message essentiel qu'ont fait passer l'Union européenne, les Etats-Unis et les Nations unies aux autorités soudanaises et à l'UA , mercredi à Bruxelles, au cours d'entretiens hautement diplomatiques entre Javier Solana, Haut représentant pour la PESC, Alpha Oumar Konaré, Président de la Commission de l'Union africaine, Louis Michel, Commissaire européen à la politique de développement et l'aide humanitaire, Robert Zoellick, Secrétaire d'Etat adjoint américain, Hedi Annabi, Secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, et Ali Osman Mohamed Taha, vice-président de la République du Soudan. La gravité de la situation humanitaire dans cette région et la perspective de l'expiration de AMIS II au 31 mars rendaient indispensable une réflexion sur une transition progressive vers une mission de l'ONU, sans écarter l'UA.

Mais la décision de solliciter ou non l'intervention de l'ONU est entre les mains du gouvernement soudanais, et de l'Union africaine, qui doit se prononcer le 10 mars à ce sujet, lors d'une réunion de son Conseil de paix et de sécurité à son siège d'Addis Abeba (Ethiopie). Au cours des entretiens, aussi bien l'UE que les Etats-Unis ont tenu à rendre hommage à la mission remplie par l'Union africaine, soucieux que le renfort proposé ne soit pas perçu comme un constat d'échec.

« Nous avons eu une excellente discussion. Je pense que nous ne pouvons pas maintenir le statu quo au Darfour. Nous devons apporter à l'UA et au Président Konaré tout le soutien dont ils ont besoin. Nous devons produire une feuille de route pour faire avancer le processus d'Abuja. Nous aurons besoin de six à huit mois avant que l'ONU ne déploie ses troupes. Le maintien de la paix signifie que la paix existe », a déclaré Javier Solana à la presse.

Alpha Oumar Konaré a exprimé pour sa part sa « très grande satisfaction face à la détermination de nos partenaires de continuer à soutenir l'Union africaine et ses forces sur le terrain, et de soutenir encore le processus politique ». Et d'ajouter: « nous avons le souci du partenariat avec l'ONU, mais aussi du leadership de l'Afrique ». Louis Michel s'est dit satisfait qu'aient été tracés « les contours de la relance du processus d'Abuja ». La feuille de route qui devra être élaborée rapidement devra contenir « un calendrier de réalisation des promesses non tenues jusqu'ici dans un processus qui a trop traîné ». Particulièrement attaché au concept d'appropriation des opérations de paix en Afrique par l'Afrique elle-même, le Commissaire a affirmé: « saluons le rôle d'AMIS, qui a été un succès ». Il s'est déclaré convaincu qu'avec « un bonne feuille de route, contenant la promesse d'un renforcement de l'Union africaine et un bon accès des travailleurs humanitaires, la sécurité sera possible ». Rappelant que la Commission a déjà fourni 190 millions d'euros, il a assuré que « la feuille de route, lorsqu'elle sera disponible, pourra, elle aussi, être accompagnée de moyens financiers pour aider à la stabilisation de la région ». Robert Zoellick très satisfait de la coopération entre les Etats-Unis et l'UE, a enchaîné: « Nous apprécions beaucoup le rôle d'AMIS, qui fait un travail remarquable, mais l'UA a besoin de davantage d'assistance. Maintenir la sécurité avec 7000 hommes sur un territoire grand comme la France n'est pas chose facile (…). Nous espérons que le gouvernement soudanais ne résistera pas et reconnaîtra qu'il est dans son intérêt de mettre un terme à la violence contre sa population. L'UE et les Etats-Unis travaillent ensemble pour commencer la préparation d'une mission de l'ONU au Soudan ». Le soir même, M. Zoellick s'envolait pour Paris pour parler finances avec la Banque mondiale. Devant la presse, Ali Osman Mohamed Taha n'a pas exclu que son gouvernement puisse accepter sur son territoire une mission de l'ONU pour garantir la pérennité de la paix, une fois intervenu un règlement politique de la crise.

Dans un communiqué, l'ONG Oxfam International demande à la communauté internationale d'agir d'urgence sans tergiverser sur qui devra conduire la mission, car « la priorité la plus urgente est de protéger les civils maintenant (…) contre les menaces quotidiennes de violence et de harcèlement ».

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