Bruxelles, 23/02/2006 (Agence Europe) - De retour de Kinshasa où il a notamment rencontré le ministre de la Défense, M. Onusumba, le vice-président chargé des questions de sécurité, M. Ruberwa et le président de la Commission électorale, l'abbé Malu Malu, le président de la sous-commission défense du Parlement européen, Karl von Wogau (CDU) estime qu'un certain nombre de conditions doivent être remplies pour lancer une opération européenne en soutien à la sécurisation de la période d'élections générales à laquelle se prépare la République démocratique du Congo (RDC). Pour le démocrate-chrétien allemand, le mandat de cette opération doit être formulé clairement et se limiter exclusivement à la sécurisation des élections parlementaires et présidentielles. L'engagement doit être limité à la période des élections et ne pas dépasser quatre mois. Il doit être limité à la capitale et à sa banlieue, notamment l'aéroport, a expliqué Karl von Wogau en rappelant que l'ONU dispose d'environ 17 000 hommes dans le pays et devrait continuer à garantir la sécurité notamment dans le nord-est du pays, au Katanga et dans la région frontalière avec le Rwanda. Confirmant qu'il est peu probable que l'UE fasse usage des Accords de Berlin + et des moyens de l'OTAN (qui correspondent mieux à des opérations où l'UE succède à l'OTAN, comme c'est le cas dans les Balkans), Karl von Wogau a dit qu'il ne voyait pas pour l'instant quel Etat membre va fournir le quartier général en Europe ni lequel va se charger du quartier général opérationnel sur place. Il insiste toutefois pour que cette opération soit menée en commun par plusieurs Etats membres. La nature de cette force étant d'abord dissuasive, des troupes de combat semblent a priori justifiées mais la structure de la force européenne, qui pourrait aussi comprendre des éléments de type gendarmerie, dépendra fortement du concept d'opération qui doit encore être précisé, note le président de la sous-commission défense du Parlement européen. Enfin, rappelant que l'UE partage son réservoir de troupes avec l'OTAN, les Nations unies et les opérations propres aux Etats membres et qu'elle ne peut, dès lors, disposer que d'effectifs limités, le député allemand se demande s'il ne serait pas plus judicieux qu'elle concentre ses forces sur la paix et la stabilité dans son voisinage direct.