Bruxelles, 23/02/2006 (Agence Europe) - Le Président Barroso a reçu le 22 février en fin de journée le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, qui fait sa première visite à Bruxelles environ cinq mois après l'entrée en vigueur de l'accord d'association. Une première décision est prise: la convocation, le 21 mars, du premier Conseil d'association UE/Algérie et l'intention de créer à cette date six comités thématiques (énergie, transports, immigration, commerce, mise à niveau de l'économie et des entreprises et une commission sur la recherche, l'éducation et la culture). La création d'un sous-comité sur les aspects JAI est à l'étude. Parallèlement, Bruxelles et Alger doivent envisager l'ouverture de négociations pour la libéralisation des échanges dans le secteur des services et, à une échéance non encore fixée, le passage à des entretiens approfondis pour la mise au point d'un « plan d'action » dans le cadre de la politique de voisinage de l'UE (pour l'instant jugé prématuré par la partie algérienne). La Commission européenne estime aussi, pour sa part, que la priorité est la relance des relations euro-algériennes, longtemps restées en marge des développements de la coopération bilatérale avec les pays voisins. Alger et Bruxelles se promettent de fixer un « agenda politique» ambitieux qui permettra de rattraper ce retard et de redonner à la relation bilatérale le niveau qu'elle mérite au regard du potentiel de coopération qui existe avec ce pays producteur de pétrole et de gaz.
C'est ce que souligne aussi le chef du gouvernement algérien. L'Algérie, a-t-il dit à l'agence de presse APS, est un marché « solvable par lui-même » de 32 millions d'habitants, avec un programme d'investissements autofinancés à hauteur de 80 milliards de dollars, un poids particulier sur le marché énergétique et un marché
« attractif». M. Ouyahia a rappelé que « près de 90 pc des exportations gazières (algériennes) sont destinées à l'Europe », et que « nous sommes disposés à fournir autant de gaz que le marché européen en demandera ». Cette offre n'est pas exclusive, tient-il à préciser, en raison de « la demande très importante partout dans le monde ». Cependant, « l'amitié et les accords de coopération font que nous sommes prêts à considérer de manière prioritaire la demande européenne », conformément aux intérêts de chaque partie.
Parmi les autres thèmes abordés entre MM. Barroso et Ouyahia, l'adhésion (en cours de discussion) de l'Algérie à l'OMC, pour laquelle Alger sollicite le soutien de l'UE.