Bruxelles, 23/02/2006 (Agence Europe) - Le point fort du Conseil Education du 22 février a été l'apprentissage des langues et le multilinguisme. Les ministres ont eu un débat sur l'indicateur européen des compétences linguistiques dont l'idée avait été lancée par le Conseil européen de Barcelone, afin de fournir aux Etats membres des données fiables sur les ajustements qu'ils doivent envisager dans leur système scolaire en matière d'apprentissage des langues étrangères. Les discussions qui se sont déroulées à partir de la communication de la Commission "Indicateurs européens sur les compétences linguistiques", ont porté sur le nombre de langues - un corpus de cinq langues a été évoqué: anglais, français, allemand, italien, espagnol, que certains voudraient élargir (le Portugal, par exemple, pour le portugais) - de même que sur la méthode à utiliser pour en mesurer l'apprentissage. La ministre autrichienne de l'Education Elisabeth Gehrer, qui présidait les travaux, a souligné que beaucoup d'Etats membres ont souhaité ne pas multiplier les tests et ne pas disperser les efforts, et de considérer plutôt un ensemble de bonnes pratiques. Le problème de l'âge idéal pour tester les élèves a été soulevé: quinze ans est la moyenne préférable pour la plupart des Etats membres, dix-sept ans pour quelques autres. Beaucoup d'Etats membres ont demandé de tenir compte des spécificités de chacun, notamment des petits Etats membres qui ont, parfois, deux, voire plusieurs langues officielles. Jan Figel, Commissaire en charge de l'éducation, a reconnu que les indicateurs n'étaient pas encore définitivement fixés, mais qu'il y avait eu accord sur certains principes. Par ailleurs, il a informé les ministres des objectifs poursuivis par la communication sur le multilinguisme adoptée par la Commission le 22 novembre dernier.
Parmi les autres points à l'ordre du jour figurait la contribution de la Commission européenne au Sommet de printemps en matière d'éducation, et le Commissaire Figel a présenté le texte que la communication que la Commission transmettra aux chefs d'Etat et de gouvernement dans le cadre de la stratégie de Lisbonne révisée. Les ministres ont aussi adopté le rapport conjoint "Modernising education and training", dans le cadre du programme de travail "Education and training 2010", sur la base de l'avant-projet présenté le 10 novembre 2005 par la Commission. Ce rapport fait un état des lieux des progrès réalisés par les Etats membres pour moderniser leurs systèmes éducatifs, afin de les rendre plus performants dans le cadre des objectifs de Lisbonne révisés. Les réformes se réfèrent à cinq "benchmarks" ou niveaux de référence (réduction des échecs scolaires, importance des mathématiques et sciences, lutte contre l'analphabétisme …). Le Conseil a adopté plusieurs messages clés, qui seront transmis au Sommet de printemps. "Le message clé est que l'éducation est la base de l'épanouissement personnel, mais aussi de l'économie et de la compétitivité en Europe, et que les Etats membres doivent lui donner la priorité (…). C'est la première fois que, dans un document important, on place un message centré spécifiquement sur l'éducation, qui a reçu le soutien de tous les Etats membres", a commenté Elisabeth Gehrer.
Les ministres ont aussi eu un échange de vues sur la proposition de la Commission « Compétences-clés pour l'apprentissage tout au long de la vie » (la Commission évoque huit compétences: communication dans la langue maternelle, communication dans une langue étrangère, culture mathématique et compétences de base en sciences et technologies, culture numérique, « apprendre à apprendre », compétences interpersonnelles, interculturelles, sociales et civiques, esprit d'entreprise et expression culturelle). « Nous avons eu un long débat au cours duquel il y a eu plusieurs idées intéressantes », et « nous voulons que ces éléments fassent partie intégrante des programmes nationaux », a dit Mme Gehrer. « La connaissance est un véhicule pour l'avenir, face notamment à la mondialisation et au vieillissement de la population. Aujourd'hui, les ministres ont affirmé que l'apprentissage tout au long de la vie est une condition sine qua non pour atteindre les objectifs de Lisbonne », a conclu Jan Figel.