Luxembourg, 23/02/2006 (Agence Europe) - Les titulaires de hautes fonctions doivent être compétents sur le plan professionnel, mais ils doivent aussi avoir un comportement irréprochable, vient de souligner l'Avocat général Geelhoed qui propose qu'Edith Cresson, ancienne Commissaire européenne accusée de favoritisme envers deux de ses amis, soit condamnée par la Cour de justice européenne à une déchéance de 50% de ses droits à pension de Commissaire.
De ses longues conclusions, Leendert Geelhoed a tiré un communiqué dans lequel il souligne que
« c'est à juste titre » que la Commission accuse Edith Cresson de favoritisme en violation de ses obligations de Commissaire. Et d'indiquer: « les différents faits sont révélateurs d'un comportement de principe traduisant la volonté de Mme Cresson, pendant son mandat de membre de la Commission, d'utiliser cette fonction pour en étendre les avantages à des amis personnels et ce, au détriment du budget communautaire ». Leendert Geelhoed estime que la sanction pécuniaire doit être la déchéance partielle (de 50%) - et non totale - de ses droits à pension du fait d'un certain nombre d'éléments qui doivent atténuer la sévérité de la sanction, à savoir: le laps de temps écoulé entre la cessation de ses fonctions de Commissaire et l'introduction de l'instance, l'atteinte déjà portée à sa réputation et la culture générale qui prévalait à l'époque au sein de la Commission.
L'arrêt sera rendu dans les mois à venir. Il n'y a jamais eu de statistiques quant au nombre de cas dans lesquels les Avocats généraux sont suivis par la Cour ; le chiffre de 80% qui circule depuis des années tient compte des affaires similaires à des affaires déjà jugées et sur lesquelles la Cour ne peut que confirmer ce que disent ses Avocats généraux.
Au cours de l'audience des parties, les avocats d'Edith Cresson avaient plaidé l'acharnement institutionnel dans un dossier vide, alors que les représentants de la Commission voyaient des faits de favoritisme commis au plus haut de l'institution pendant des années (voir EUROPE n° 9076).
La Commission avait accusé Edith Cresson d'avoir recruté un stomatologue, le Docteur René Berthelot, au mépris des règles administratives en vigueur (« le dentiste d'Edith Cresson » est une expression d'un journal satirique français, qui s'est imposée même à la Commission). Elle lui reprochait aussi d'avoir fait une offre de contrat (jamais exécuté) à un avocat d'affaires, Timm Riedinger.