Bruxelles, 18/01/2006 (Agence Europe) - Selon un diplomate européen auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) cité mercredi par l'AFP, « le dossier nucléaire iranien sera, d'une manière ou d'une autre, déféré devant le Conseil de sécurité de l'ONU » lors de la réunion exceptionnelle des gouverneurs de l'AIEA qui se tiendra probablement, à la demande des Européens, les 2 et 3 février à Vienne. « Mais, sur le fond, ce transfert ne va rien modifier à la situation », a-t-il ajouté en allusion aux réticences russes et chinoises à imposer des sanctions. Au Conseil des gouverneurs, qui prend ses décisions à la majorité simple, Européens et Américains sont pour le moment assurés de disposer du soutien indéfectible de plus d'une quinzaine des 35 Etats membres y siégeant: 9 Etats membres de l'UE - Norvège, Etats-Unis, Canada, Australie, Argentine, Equateur, Japon, Corée du Sud. Selon le diplomate cité, en prenant en compte l'abstention de la Chine et de la Russie, 21 pays pourraient soutenir la saisine du Conseil de sécurité. Les Européens souhaitent cependant obtenir un consensus le plus large possible, et la diplomatie européenne va donc multiplier les contacts pendant les deux semaines à venir avec les pays « non alignés » membres du Conseil des gouverneurs pour leur expliquer la démarche de l'UE-3 et les rallier à leur initiative. Sont notamment visés des pays comme l'Afrique du Sud, le Brésil, l'Inde et l'Indonésie. De source communautaire, on explique que l'UE-3 a choisi de développer une « approche graduelle » visant à ce que l'implication du Conseil de sécurité vienne renforcer l'autorité de l'AIEA et de ses résolutions. Cette démarche « ne conduit pas directement à des sanctions », explique un officiel du Foreign Office dans le Times mercredi, avant d'ajouter: « nous envisageons une approche graduelle d'initiatives qui mettront du temps à se mettre en place. Nous n'allons pas à New York pour obtenir des sanctions punitives contre l'Iran ». Selon un diplomate à Vienne cité par Reuters, un projet de résolution qui sera soumis début février au Conseil des gouverneurs et qui invite l'AIEA à transmettre le dossier nucléaire iranien au Conseil de sécurité circulerait déjà à l'AIEA. Par ailleurs, Londres puis Paris ont rejeté une proposition de Téhéran de reprendre les discussions avec l'UE-3. Le dossier iranien est à l'ordre du jour de la visite du chef de la diplomatie française, Philippe Douste-Blazy, mercredi et jeudi à Moscou.