Bruxelles, 22/12/2005 (Agence Europe) - Le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, qui présidera le Conseil européen au cours du premier semestre 2006, a plaidé pour une réforme fondamentale du budget de l'Union européenne avec, du côté des ressources propres, l'introduction d'une taxe européenne. La manière dont les pays membres négocient les perspectives financières de l'UE n'est plus tenable, affirme M. Schüssel dans une interview publiée par le Financial Times le 22 décembre: « L'Europe risque le suicide si elle continue comme ça ». Une taxe européenne devrait remplacer les contributions directes des pays membres au budget européen et « montrer à chaque citoyen européen qu'il reçoit beaucoup (de l'UE) pour peu d'argent », estime M. Schüssel. « Je suis personnellement favorable à une taxe européenne, car ce serait bien si chaque citoyen savait ce qu'il doit contribuer à l'intégration européenne ».
Quant à la Constitution européenne, M. Schüssel partage l'avis de son homologue allemande Angela Merkel (voir EUROPE n° 9095) et d'autres dirigeants européens pour qui « la Constitution n'est pas morte ». La Présidence autrichienne ne pourra pas résoudre le problème constitutionnel au cours de son mandat semestriel, mais elle tentera de « créer un contexte plus positif » en vue d'une possible revitalisation du projet de Constitution européenne vers la mi-2007, après les élections présidentielles en France et les élections parlementaires aux Pays-Bas, a dit M. Schüssel. Au cours des prochains six mois, la Présidence veut avant tout renforcer la confiance des citoyens dans le projet européen et dans les institutions européennes, en se focalisant sur les réformes économiques, la croissance et l'emploi (stratégie de Lisbonne renouvelée). Le Conseil européen de printemps, les 23 et 24 mars à Bruxelles, y sera entièrement consacré. Le débat sur la stratégie d'élargissement de l'UE et les frontières extérieures de l'Union tient également au cœur de la Présidence autrichienne, même si « le moment approprié pour fixer définitivement les frontières de l'Europe n'est pas encore arrivé », ajoute M. Schüssel.