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Bulletin Quotidien Europe N° 9093
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/conseil europeen

Louanges pour Angela Merkel - Le compromis sur les perspectives financières divise certains groupes, et Verts et GUE le considèrent inacceptable - L'accord ne sera pas « si facile et si automatique que le croient certains », avertit le président Borrell

Bruxelles, 19/12/2005 (Agence Europe) - Les premières réactions des député européens aux résultats du Conseil européen sur les perspectives financières sont mitigées: chez certains domine le soulagement d'avoir obtenu un compromis, même imparfait, d'autres sont divisés (surtout en fonction de la nationalité), et deux groupes - Verts/Alliance libre européenne et Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique - affirment dès à présent que ce compromis doit être rejeté. Les députés ont l'occasion de s'exprimer ce mardi, lors de la session spéciale de la Conférence des président élargie avec la participation de Tony Blair.

Le premier commentaire à chaud du Président Borrell a été plutôt sévère. Dans un communiqué, Josep Borrell avertit: l'accord du Sommet « ne clôture pas le processus. Il marque le début de la dernière phase de négociations avec le Parlement européen et la Commission. (…) Sans vouloir préjuger les orientations qui seront prises par le Parlement européen, je constate que la position du Conseil est encore très éloignée de celle du Parlement ». Lundi, lors d'un débat à Vienne entre les présidents des groupes politiques du PE et des jeunes de cinq écoles autrichiennes (sur lequel nous reviendrons), le Président Borrell a précisé: « la première chose que devra faire la Présidence autrichienne, c'est de parvenir à un accord sur les perspectives financières » qui, pour être adoptées, doivent être approuvées aussi par le Parlement européen. Rappelant que l'UE est fondée sur la double légitimité des Etats et des peuples, Josep Borrell a ajouté: l'Autriche doit jouer un rôle d'arbitre, « je ne crois pas qu'un accord sera aussi facile et automatique que le pensent certains » (sur la Présidence autrichienne, voir autre nouvelle).

Dans les groupes politiques, les avis sont partagés. Au groupe PPE-DE, évidemment, les éloges fusent pour le rôle joué par Angela Merkel à l'occasion de son premier Conseil européen. Le président Hans-Gert Pöttering commente: la chancelière a réussi « non seulement à agir comme médiateur entre les grands Etats membres, la France et le Royaume-Uni, mais aussi à inclure les intérêts des petits Etats membres (…), suivant ainsi la meilleure tradition de la politique européenne démocrate-chrétienne ». Le résultat du Sommet aurait pu être obtenu « avant, et plus facilement », estime un autre élu de la CDU, Reimer Böge, rapporteur sur les perspectives financières. Sur le fond, M. Böge note: nous examinerons attentivement le compromis et « nous entamerons des consultations avec la Présidence autrichienne dès le tout début de l'année, pour vérifier si la position du Conseil peut être un point de départ pour des négociations avec le Parlement ». Le groupe socialiste apparaît plutôt divisé. Ses vice-présidents Jan Marinus Wiersma (Néerlandais) et Hannes Swoboda (Autrichien) estiment que l'accord « n'est pas encore assez ambitieux pour notre groupe, mais c'est mieux que pas de résultat du tout », d'autant plus que « dans les circonstances politiques du Royaume-Uni, Tony Blair a fait le mieux qu'il a pu ». Les Français Bernard Poignant et Catherine Guy-Quint, au contraire, ne sont pas satisfaits du tout. « Plus il y aura de pays dans l'Union, moins il y aura d'argent pour celle-ci »¸ déplore M. Poignant, et Mme Guy-Quint s'insurge contre une « mauvaise approche intergouvernementale au profit d'un projet déstructuré, qui met les territoires en compétition et est contraire à l'idée de la solidarité européenne ». Mêmes divergences au sein du groupe ALDE. Son président, l'Ecossais Graham Watson, pense que le résultat laisse à désirer, mais se félicite dans un communiqué: « Le seuil de 1% par la bande des six, il y a presque deux ans jour pour jour, ne fut jamais un chiffre réaliste pour une Union qui vient d'accueillir dix nouveaux Etats membres ». Sur un plan plus général, M.Watson estime que « à l'avenir, nous devons réviser la façon dont nous finançons l'UE. Nos dirigeants doivent se comporter moins comme des comptables et plus comme un conseil d'administration ». Pendant la rencontre avec les écoliers autrichiens, M.Watson a lui aussi souligné (en allemand) la médiation d'Angela Merkel au Conseil européen, en notant: « c'est elle qui a mis ensemble Blair et Chirac, qui leur a dit: chers enfants, il faut se mettre d'accord » (à la même occasion, à Vienne, le président du groupe socialiste Martin Schulz s'est insurgé contre cette description des faits, tout en estimant: « cet accord est mauvais, et lorsqu'elle était le chef de l'opposition, Angela Merkel était elle aussi très critique »). La Française Marielle de Sarnez, au contraire, avoue: « Cet accord me laisse un goût amer », il est le résultat « d'une pression exercée sur les nouveaux Etats membres, sommés d'accepter une solidarité au rabais ».

Deux groupes politiques annoncent d'ores et déjà que, selon eux, ce compromis est inacceptable. Les coprésident du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni affirment qu'ils demanderont le rejet de la proposition du Conseil européen, et le président du groupe GUE/NGL Francis Wurtz s'indigne: « C'est avec de tels succès que l'Europe s'enfonce dans la crise ! ». Et, en rappelant que tous les groupes politiques du PE avaient affirmé qu'ils n'accepteraient pas un budget inférieur à celui qu'avait proposé la Présidence luxembourgeoise en juin dernier, M. Wurtz met en garde: « S'il veut que ces prises de position solennelles restent crédibles (…), le Parlement européen doit rejeter ces perspectives financières ».

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