Bruxelles, 14/12/2005 (Agence Europe) - Ma première impression de la nouvelle proposition britannique sur les perspectives financières est que « ce n'est simplement pas assez, a dit mercredi après-midi à la presse José Manuel Barroso (voir autres nouvelles), en avertissant: « un accord est nécessaire et possible, et il doit être amitieux et équitable ». Interrogé sur le rabais britannique, M. Barroso a estimé qu'à ce stade, ce n'est pas réaliste de négocier à propos d'un lien entre le rabais et la réforme de la PAC, alors que ce qui est possible et raisonnable, c'est d'adapter le rabais afin de permettre à l'UE élargie de fonctionner. En rappelant que c'était lui-même qui avait proposé en juin dernier une « clause de rendez-vous » sur la structure du budget, M. Barroso voit une négociation en deux phases: d'abord pour « adapter » le rabais britannique, ensuite pour discuter une « révision majeure » du budget. La proposition présentée aujourd'hui est « très loin » d'être satisfaisante, a répété M. Barroso, en s'avouant « déçu et, maintenant, préoccupé des chances d'un accord (plus préoccupé qu'il y a trois ou quatre jours), mais toujours déterminé » à réussir. Car, a-t-il expliqué, s'il n'y a pas d'accord, le message sera « très négatif, celui d'une Europe dans l'impasse », et cela entraînera aussi des risques concrets, notamment pour l'élargissement ou le commerce. L'attribution du statut de pays candidat à la Macédoine sera-t-elle victime d'un accord manqué sur les perspectives financières ? Je n'aime pas les questions hypothétiques, mais c'est clair que nous ne serons pas crédibles sur les futurs élargissements, pas crédibles à propos des Balkans, si nous ne réussissons pas à décider sur le financement de l'Europe à 25, a estimé M. Barroso. Et, tout en constatant que l'offre britannique ne comportait que « de très petits changements », il a anticipé: ce ne sera certainement pas la dernière, et la véritable négociation commencera pendant le Sommet. Craignez-vous de rester seul, si les Etats membres acceptent finalement un accord ? « Je suis très satisfait de pouvoir défendre l'intérêt général européen, je ne suis pas là pour faire plaisir aux chefs d'Etat et de gouvernement: il ne s'agit pas de faire des cadeaux aux Etats membres, mais de ne pas briser la solidarité européenne », a répliqué M. Barroso.
Quant aux autres thèmes du Sommet, M. Barroso a cité: - l'immigration: la Commission défend une approche « transversale », fondée sur la « prospérité, solidarité et sécurité », et elle discutera la semaine prochaine une communication sur un programme d'action sur l'immigration légale ; - le terrorisme: la Commission salue la stratégie que devrait adopter le Sommet, et souhaite que les instruments qu'elle a proposés soient adoptés et appliqués dans les plus brefs délais (échange d'informations, interopérabilité des bases de données, protection des infrastructures critiques, directive sur la rétention des données: voir autre nouvelle).