Strasbourg, 21/11/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a rejeté, le 17 novembre, le rapport de Karin Scheele (PSE, autrichienne) sur la proposition de directive visant à introduire en droit communautaire les accords internationaux conclus en 1996 par l'UE avec la Russie, le Canada et les Etats-Unis, sur « les normes de piégeage sans cruauté de certaines espèces animales », des accords visant à encadrer l'utilisation de pièges pour la capture de 19 espèces (rat musqué, marte, loup, castor, loutre, etc.), pour les rendre moins cruels. Le PE avait rejeté ces accords en juin 1997, estimant qu'ils ne garantissaient pas moins de souffrance pour les animaux et qu'ils répondaient essentiellement à des objectifs commerciaux. Mais à l'époque l'avis du Parlement n'était pas contraignant, et le Conseil était passé outre en adoptant ces accords en 1998. Constatant que des divergences persistaient entre les législations nationales malgré ces accords, la Commission a proposé une directive, sur laquelle le Parlement est cette fois-ci colégislateur. Les députés européens ont suivi Karin Scheele, qui jugeait cette proposition, « très insatisfaisante et difficile à modifier par le biais d'amendements ». Les groupes PSE, Verts/ALE et la GUE/NGL ont rejeté le terme « sans cruauté » dans le titre de la proposition. Les Verts/ALE estiment, à l'instar de la communauté scientifique et des ONG, que la proposition ne tient pas compte des preuves scientifiques et ne permet pas de réduire les souffrances des animaux piégés. En outre, cette législation risque d'avoir un impact négatif sur la protection des animaux non concernés par les accords, craint la verte française Marie Anne Isler Béguin. « Nombre d'espèces menacées, telles que le vison ou le lynx ibérique sont connues pour être victimes de pièges conçus pour d'autres espèces », dit-elle dans un communiqué. En outre, cette proposition « bafoue la législation européenne, puisqu'elle inclut dans sa liste positive des espèces protégées par l'article 12 de la directive « Habitats », comme la loutre, le castor et le lynx ». La Commission s'efforcera de chercher la meilleure solution pour aller de l'avant, a assuré Stavros Dimas.