Strasbourg, 21/11/2005 (Agence Europe) - En adoptant jeudi dernier le rapport d'initiative de Ìirts Valdis Kristovskis (UEN, letton) sur la non-prolifération des armes de destruction massive (ADM), le Parlement européen s'oppose au développement d'armes nucléaires de nouvelle génération (appelées «mini nukes» et «bunker-busting bombs»). Dans ce contexte, il salue le fait que le Sénat et le Congrès américains soient disposés à cesser d'accorder des moyens financiers pour le développement de «mini nukes». Le Parlement souligne que la prolifération des armes nucléaires « accroît nettement le risque de conflit nucléaire » et, tout en admettant que les accords multilatéraux qui constituent le régime de non-prolifération ont réussi à ralentir l'essor des ADM, il avertit: « nous entrons désormais dans une période nouvelle et dangereuse où l'on risque d'assister à une course aux ADM, en particulier au Proche-Orient, dans le Nord-Est asiatique et dans le Sud de l'Asie ». En outre, les parlementaires invitent les Etats dotés d'armes nucléaires au titre du TNP (Traité de non-prolifération), en mettant l'accent sur les membres de l'OTAN que sont le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis, à prendre des mesures en vue de l'élimination de leur arsenal nucléaire, conformément aux engagements pris dans les traités et accords juridiquement contraignants. Le PE se dit déçu du résultat de la conférence de révision du TNP en 2005 et par le rôle joué par les Etats membres à cette occasion, mais invite l'UE à appliquer de bonne foi les 41 mesures figurant dans la position commune (et les Etats-Unis à mettre un terme à leur attitude négative à l'égard du TNP).
Le PE souhaite aussi que l'Iran prenne toutes les mesures nécessaires pour « regagner la confiance de la communauté internationale ». Le Parlement déclare avoir la « conviction » que l'Iran peut élaborer de manière responsable et transparente un programme d'énergie nucléaire civile. Pour cela, l'Iran doit, selon lui: - respecter ses engagements au titre du TNP ; - coopérer pleinement avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ; - ratifier au plus vite le protocole additionnel de l'AIEA ; - respecter à nouveau ses engagements au titre de l'accord de Paris (de fin 2004) ; - rétablir une suspension totale et durable pour tous les aspects de ses activités liées à l'enrichissement de l'uranium, y compris les essais ou la production dans l'usine de conversion d'uranium d'Ispahan ; - sous réserve de ce qui précède, reprendre les négociations avec l'UE en vue de conclure un accord de coopération et de commerce (voir aussi, pour l'Iran, EUROPE n° 9070 et n° 9072).