Bruxelles, 21/06/2005 (Agence Europe) - Les Verts du Parlement européen proposent la tenue d'un référendum européen sur la Constitution européenne fin de 2007. « Avec les « non » français et néerlandais, le projet européen a perdu de sa légitimité, car le traité constitutionnel était justement l'expression d'une évolution nécessaire qui, avec le refus de la Constitution, a été brusquement arrêtée. Cette perte de la légitimité a encore été renforcée par l'échec du Conseil européen. (…) L'Europe retrouvera sa légitimité seulement avec un référendum européen », a expliqué mardi devant la presse le co-président du groupe, Daniel Cohn-Bendit. Le référendum, qui ne se déroulerait pas nécessairement le même jour mais dont le résultat serait acquis à la double majorité (des Etats et de la population de l'UE), devra être précédé d'un « débat approfondi sur l'Europe que nous voulons, y compris sur la finalité de l'Union » - un véritable débat européen se déroulant dans un « espace public européen », a-t-il dit. Le Parlement européen doit jouer le rôle principal dans ce débat, sur la base de propositions faites par sa commission constitutionnelle (soumises ensuite à la plénière), en prenant comme référence le projet de Constitution. « Il faut éviter une renationalisation du débat sur l'Europe », a insisté la coprésidente Monica Frassoni, qui estime que l'UE devrait rapidement agir sur trois dossiers qui préoccupent les citoyens: les directives sur la libéralisation des services, sur les substances chimiques (REACH) et sur le temps de travail. La question qui sera finalement posée aux citoyens européens en 2007 est forcément inconnue, car elle dépendra des résultats du débat. Au cours de ce débat, les Verts du PE plaideront pour une « réévaluation de toutes les politiques économiques et sociales de l'UE », a dit M.Cohn-Bendit, car il faudra trouver de meilleurs moyens pour « relancer la machine économique européenne », ce qui devrait passer par « plus de Keynes à Bruxelles ». En outre, les Verts veulent ouvrir le débat sur les ressources propres de l'UE, plutôt que rester figés dans un débat destructeur entre contributeurs nets et bénéficiaires nets. « L'UE doit avoir des ressources propres, car c'est seulement à ce moment-là qu'elle pourra prendre des initiatives politiques », estime M.Cohn-Bendit, pour qui la PAC aussi devra être révisée, « mais pas n'importe comment, et certainement pas de la manière que propose M. Blair ».