login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8967
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/cuba

L'UE maintient la suspension des sanctions diplomatiques, malgré l'absence de progrès en matière de démocratie et droits de l'Homme

Luxembourg, 13/06/2005 (Agence Europe) - Les sanctions diplomatiques que l'UE avait prises en juin 2003 contre Cuba pour protester contre l'emprisonnement de 75 dissidents restent suspendues, ont décidé lundi les ministres des Affaires étrangères de l'UE. Ils ont donc confirmé la décision du 31 janvier de suspendre provisoirement l'application de ces mesures, afin de permettre le rétablissement d'un dialogue avec les autorités de La Havane, mais aussi avec l'opposition cubaine, et d'encourager ainsi un processus de démocratisation et de pluralisme, le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et une amélioration durable des conditions de vie du peuple cubain (EUROPE n° 8878). La politique de dialogue avec Cuba (appuyée notamment par l'Espagne, mais aussi par la grande majorité des pays membres) est donc confirmée, même si la situation sur place ne s'est pas beaucoup améliorée. Ainsi, dans des conclusions adoptées lundi, « le Conseil constate qu'il n'y a pas de progrès satisfaisants concernant le respect des droits de l'Homme à Cuba », et « déplore aussi l'absence de nouvelles ouvertures » de la part de Fidel Castro, à l'exception de la libération (en juin et novembre 2004) de quelques-uns des dissidents détenus depuis l'été 2003. « Le Conseil réitère sa demande pressante à Cuba de libérer sans conditions tous les prisonniers politiques du groupe des 75 (…) et tous les autres prisonniers politiques toujours en détention et de cesser de persécuter les personnes pour des raisons politiques », affirment les conclusions. Les ministres condamnent aussi les mesures visant à limiter la liberté d'expression, de presse et de rassemblement. Dans les conclusions du Conseil, il y a aussi des notes positives. Ainsi, les ministres expriment leur satisfaction pour les résultats obtenus jusqu'ici dans le développement de rapports plus intenses avec l'opposition politique pacifique à Cuba, et avec des secteurs plus larges de la société civile. L'UE accueille « avec une satisfaction particulière » la tenue à La Havane, le 20 mai dernier, de l'Asamblea para promover la Sociedad Civil, mais condamne les expulsions « inacceptables » de parlementaires et des journalistes étrangers qui avaient voulu assister à cette réunion de l'opposition cubaine. La Havane est invitée à s'abstenir d'actions de ce genre « qui empêchent le déroulement normal des relations entre l'UE et Cuba ». A la demande de plusieurs délégations (notamment Allemagne, Autriche et République tchèque), le Conseil a renforcé les conclusions afin de mieux souligner la nécessité d'utiliser le dialogue avec La Havane pour aboutir à des améliorations concrètes des droits de l'Homme et des valeurs démocratiques. Ainsi, les conclusions soulignent que le dialogue doit être « ciblé », pour parvenir à des « résultats tangibles » en matière de droits de l'Homme, démocratisation et libération des prisonniers politiques, ainsi que dans les domaines politique et économique. « La question des droits de l'Homme devra être évoquée par chaque visiteur de haut niveau », précisent les conclusions. Le dialogue avec les autorités cubaines ne peut pas être une fin en soi, mais doit être un instrument pour permettre des améliorations concrètes, a insisté devant la presse le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer. Sans ce renforcement du texte des conclusions, il aurait été difficile pour l'Allemagne d'appuyer la décision du Conseil de maintenir la suspension des sanctions diplomatiques, a averti M. Fischer.

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE