Strasbourg, 13/06/2005 (Agence Europe) - En adoptant jeudi dernier le rapport de Csaba Öry (PPE-DE, Hongrie) sur « l'inclusion sociale dans les nouveaux Etats membres », le Parlement européen invite les gouvernements des nouveaux Etats membres, lorsqu'ils élaborent leurs politiques, à considérer l'inclusion sociale fondée sur la solidarité comme un phénomène social relevant de la stratégie de Lisbonne. Le PE leur demande aussi de: - étendre les mesures d'éducation et de s'attaquer à l'analphabétisme (notamment chez les Roms) et éliminer la ségrégation dans l'enseignement ; - augmenter la gamme des services offerts aux familles afin d'améliorer la situation des travailleurs avec enfants ou parents à charge ; - développer des politiques volontaristes pour assurer l'insertion des immigrés connaissant des difficultés particulières ou menacés par la pauvreté ; - mobiliser les ONG, les associations, les syndicats et les organisations patronales dans la lutte contre la pauvreté ; - dégager suffisamment de moyens financiers pour garantir l'accès de tous à un apprentissage de qualité tout au long de la vie. Le Parlement demande aussi à la Commission de bâtir un canevas commun, une sorte de « fil rouge, lisible et partagé par tous les Etats membres », pour garantir les droits des populations fragiles et minoritaires, et de revoir régulièrement les dispositions pour lutter contre les discriminations sur la base de l'article 13 du Traité CE.
« Je suis impressionnée par votre engagement. J'ai le sentiment qu'on partage une approche commune. La pauvreté et l'exclusion sociale restent des défis urgents », a déclaré la Commissaire Neelie Kroes. Il faut accélérer les efforts pour une réelle égalité des chances, a-t-elle reconnu, en se félicitant qu'« un grand nombre de nouveaux Etats membres appliquent déjà la stratégie sur l'égalité. Mme Kroes souligne aussi la nécessité de s'attaquer à la pauvreté des enfants, et assure que la Commission poursuivra ses efforts en ce sens », tout en avertissant: « nous avons des contraintes budgétaires significatives qui limitent la marge de manœuvre. Soyons courageux et réalistes ». Le conservateur britannique Philip Bushill-Matthews a félicité le rapporteur pour « sa sagesse » alors que le socialiste tchèque Richard Falbr s'est exclamé: « Si on compare les dix nouveaux Etats membres de l'UE aux quinze anciens, la tâche est herculéenne !». La verte lettone Zdanoka Tatjana a noté que depuis l'élargissement, « le fossé entre riches et pauvres s'est creusé dans les dix nouveaux Etats membres ». « Il y a maintenant une désintégration sociale dont la responsabilité incombe aux autorités politiques et économiques nationales mais aussi à l'UE qui ignore les changements en cours dans nos pays », a-t-elle déploré, et le Polonais Konrad Szymanski (UEN) s'est prononcé dans le même sens. « La première arme pour lutter contre l'exclusion sociale est l'emploi », a estimé Sophia in 't Veld (ALDE, néerlandaise) en demandant à « l'UE de se montrer aussi active dans la lutte contre l'exclusion sociale et la pauvreté que dans la lutte contre les inégalités ».
Session plénière du Parlement européen (suite et fin)