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Bulletin Quotidien Europe N° 8948
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/commerce

La nomination de Pascal Lamy à la direction de l'OMC doit être confirmée le 26 mai par le Conseil général à Genève

Bruxelles, 17/05/2005 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué (EUROPE n° 8947), après le retrait de la course à la tête de l'OMC des candidats brésilien Luiz-Felipe Seixas-Correa et mauricien Jayen Cuttaree, considérés comme moins en mesure de réunir un consensus parmi les Etats membres, puis de l'Uruguayen Carlos Perez del Castillo, qui a renoncé vendredi dernier, l'ancien Commissaire européen au commerce, le socialiste français Pascal Lamy, a été recommandé par le comité de sélection chargé de désigner le futur directeur de l'Organisation mondiale du commerce. Après avoir interrogé tous ses collègues et constaté qu'il disposait de davantage de soutiens que M. Del Castillo, l'ambassadrice du Kenya Amina Mohamed, chargée d'organiser la sélection, a recommandé aux 148 États membres de désigner M. Lamy pour succéder le 1er septembre prochain au Thaïlandais Supachai Panitchpakdi à la tête de l'OMC pour un mandat de quatre ans. Sauf veto d'un ou plusieurs pays membres, la nomination de M. Lamy devrait être confirmée le 26 mai par l'ensemble des Etats membres de l'OMC lors d'une réunion du Conseil général. Se gardant de toute réaction publique avant le 26 mai, M. Lamy a fait savoir qu'il s'engagera, pendant la durée de son mandat, « à respecter la diversité des membres de l'organisation ». Lors d'un point presse mardi à Paris, M. Lamy a également rappelé que « la conclusion du cycle de Doha est l'objectif numéro un, numéro deux et numéro trois de l'OMC et de ceux qui y travaillent ». En outre, il a souligné que « l'obstacle agricole » restait « une des questions primordiales » dans les négociations, d'ici la conférence de Hong-Kong prévue en décembre prochain.

A l'issue du processus de sélection, le nombre de pays soutenant les différents candidats n'a pas été rendu public et la plupart des Etats ont maintenu leur choix confidentiel. Une des principales inconnues était la position des Etats-Unis, mais M. Lamy a très probablement pu compter sur l'appui de Washington, d'une part grâce à l'amitié qui le lie à l'ancien représentant américain au commerce, Robert Zoellick, devenu numéro deux du département d'Etat, et d'autre part grâce au soutien des Européens à la candidature de Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale. L'appel de M. Perez del Castillo (qui était soutenu par l'Amérique latine, la Chine, certains pays arabes et des pays développés comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande) à ce que le futur directeur de l'OMC soit originaire d'un pays du Sud n'a pas empêché certains grands pays émergents comme l'Inde ou le Pakistan de préférer le candidat européen. M. Lamy, en outre, a manifestement bénéficié d'un bon report des soutiens des 56 pays du groupe ACP qui s'étaient portés sur M. Cuttaree aux tours précédents, ces pays étant liés à l'UE par des accords commerciaux préférentiels (que contestent les pays d'Amérique latine).

« Nous verrons s'il pourra se dissocier de son engagement en faveur de l'Europe pour se donner à fond dans la défense des intérêts des pays pauvres même si cela implique un affrontement avec l'UE et les pays riches », a dit Jayen Cuttaree à propos de M. Lamy. Le président sud-africain, Thabo Mbeki, s'est déclaré « prêt à travailler avec M. Lamy pour traiter des défis qui attendent les pays en développement ». Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a exprimé sa « pleine confiance » à M. Lamy « pour renforcer le système multilatéral ». « Nous sommes persuadés que l'abondance d'expertise et de compétences de M. Lamy contribuera à mener à bien le cycle de négociations de Doha », a indiqué le ministère japonais des Affaires étrangères. Notons également le commentaire de Jacques Delors, l'ancien président de la Commission, dont M. Lamy a été directeur de cabinet: « il va faire de l'OMC la première institution internationale de nouveau type, prélude à des changements dans les autres organisations pour mieux gérer la mondialisation, et il va instituer des liens entre d'une part le commerce et d'autre part le social, l'environnement et la stabilité monétaire. Vous verrez, l'OMC va faire des pas de géant sous sa direction ».

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