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Bulletin Quotidien Europe N° 8908
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/strategie de lisbonne

Cri d'alarme d'Eurochambres en faveur de la compétitivité européenne: l'Europe accuse un retard de 20 ans sur les Etats-Unis - Eurochambres exhorte les décideurs politiques à agir d'urgence

Bruxelles, 14/03/2005 (Agence Europe) - Sur la base de plusieurs études empiriques démontrant que l'Europe accuse un retard de plus de vingt ans sur les Etats-Unis, que ce soit en termes d'emploi, de recherche développement, de PIB ou de productivité, l'Association des chambres européennes de commerce et d'industrie, Eurochambres, a exposé vendredi un plan d'action pour relancer l'économie européenne dans le contexte de la rénovation de la stratégie de Lisbonne. « Je suis terrifié ! Nous vivons dans les années 1970, les Etats-Unis, eux, vivent en 2004 », s'est exclamé Arnaldo Abruzzini, secrétaire général d'Eurochambres. « Les Etats-Unis ont clairement un temps d'avance économique sur nous qui s'accroît depuis 2000. Les niveaux européens actuels de PIB, d'investissement dans la recherche-développement, de productivité et d'emploi ont déjà été atteints par les Etats-Unis à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Même les hypothèses les plus optimistes montrent qu'il faudra des décennies à l'UE pour rattraper les Américains. Les décideurs européens ont l'obligation de donner un signal fort en faveur de l'économie lors du Sommet européen de printemps », a insisté M. Abruzzini.

Une étude économique réalisée pour le compte d'Eurochambres par l'économiste slovène de l'Université de Ljubljana Pavle Sicherl, et intitulée Ecarts de compétitivité de l'UE dans le temps, souligne notamment que: (1) le niveau d'emploi de l'Europe en 2003 avait été atteint par les Etats-Unis en 1978. Ce n'est qu'en 2023 que l'UE atteindra le niveau d'emploi américain actuel, et encore seulement si la croissance annuelle de l'emploi en Europe dépasse de 0,5% celle des Etats-Unis ; (2) le niveau d'investissement consacré à la recherche-développement en Europe en 2003 avait été atteint aux Etats-Unis en 1979. Ainsi, l'UE n'atteindra le niveau actuel d'investissement américain en recherche-développement qu'en 2123, mais à condition que la croissance annuelle de l'investissement européen en recherche-développement européen dépasse de 0,5% celle des Américains ; (3) le niveau de PIB européen de 2003 avait été atteint en 1985 aux Etats-Unis. C'est en 2072 seulement que l'Europe atteindra le niveau américain actuel de PIB par tête, à condition que la croissance économique européenne dépasse chaque année d'un demi-point la croissance américaine ; (4) le niveau de la productivité européenne en 2003 avait été atteint en 1989 aux Etats-Unis. L'Europe n'atteindra le taux actuel de productivité par tête américain qu'en 2056, si la croissance annuelle de la productivité en Europe dépasse d'un demi-point celle des Etats-Unis.

« Nous attendons avec impatience que le Sommet européen de printemps apporte un soutien fort aux priorités que sont la croissance et l'emploi. Il a le devoir de montrer un dévouement politique réel à atteindre les objectifs de 3% de croissance économique annuelle et de création de 10 millions d'emplois d'ici 5 ans », a insisté M. Abruzzini. « Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent prendre leurs responsabilités pour réussir l'agenda de Lisbonne et introduire des plans d'action nationaux qu'on pourra réviser chaque année », a-t-il ajouté. M. Abruzzini a par ailleurs souligné la nécessité de mettre parallèlement en œuvre une stratégie de communication concrète. Eurochambres propose donc aux décideurs politiques du Sommet de printemps de se concentrer sur les quatre points suivants: (1) pour préserver la durabilité des modèles sociaux et environnementaux européens, la stratégie de Lisbonne doit se concentrer sur l'économie réelle ; (2) pour la croissance et l'emploi, il y a six priorités: ne pas adopter de nouvelles législations qui nuisent au milieu des affaires ; créer un environnement flexible favorable aux entrepreneurs et récompensant les preneurs de risque ; achever la réalisation du marché intérieur ; gonfler dans les perspectives financières de l'UE les montants consacrés à la recherche-développement et à la formation ; rendre plus flexible le Pacte de stabilité et faire progresser les négociations de Doha ; (3) une réelle prise de responsabilité de la part des chefs d'Etat et de gouvernement, une appropriation de la stratégie de Lisbonne par chaque Etat membre et un renforcement des prérogatives du Conseil Compétitivité ; (4) mieux communiquer l'urgence du changement auprès des citoyens, des administrations et du secteur privé.

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