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Bulletin Quotidien Europe N° 8908
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

La révision et la relance de la stratégie de Lisbonne se dessinent

Vers un accord sur les principes. Nouvelles encourageantes pour la révision et la relance de la stratégie de Lisbonne. Cette affirmation ne concerne, bien entendu, que les principes, parce que le Sommet des 22/23 mars ne pourra qu'améliorer et simplifier la stratégie et en modifier les procédures; l'essentiel, ce sera ensuite l'application effective. Mais il est déjà significatif qu'un consensus se dessine sur ce que les chefs de gouvernement vont dire, parce que l'on vient de loin. On n'a pas oublié la méfiance et les perplexités qu'avait soulevées le premier avant-projet de la Commission européenne, au point de provoquer un avertissement du président du Conseil européen, Jean-Claude Juncker (voir cette rubrique du 29 janvier); et la Commission avait retardé d'une semaine la présentation de son document. La première réaction d'une partie significative du Parlement européen avait été très critique et plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) sociales et environnementales avaient repris les mêmes griefs. La Commission avait présenté ensuite ses documents complémentaires couvrant le volet environnemental (stratégie de développement durable, lutte contre les changements climatiques) et le volet social (nouvel agenda social européen), et dans une vigoureuse conférence de presse son président José Manuel Barroso avait affirmé la ferme volonté de la Commission de respecter l'équilibre entre les trois volets, économique, social et écologique (voir notre bulletin du 10 février, pp.6, 7 et 8). La voie vers des compromis était ainsi ouverte. Certes, une partie du Parlement européen et un certain nombre d'ONG ont maintenu leurs réserves, parfois très nettes. Mais la Commission n'avait pas retenu la thèse de l'UNICE (employeurs) et d'Eurochambres selon laquelle la compétitivité aurait dû représenter la «priorité des priorités» parce que les indicateurs montrent que l'UE est en mauvaise posture dans tous les classements mondiaux de compétitivité, alors qu'elle est dans les toutes premières places dans les domaines de la protection sociale et de la sauvegarde de l'environnement. La thèse qui a prévalu est celle de l'équilibre entre les trois volets: l'Europe doit améliorer sa position compétitive mais en même temps rester à l'avant-garde en matière environnementale et sauvegarder, avec les réformes nécessaires, le «modèle européen de société». Certes, lorsque l'on passe des principes aux mesures d'application, bien des divergences subsistent.

Majorité très nette au Parlement européen. Mais nous n'en sommes pas encore là. Pour le moment, l'objectif est de mettre au point les textes d'orientation à soumettre au Conseil européen. Parmi les éléments qui justifient l'optimisme, je citerai en premier lieu l'accord des trois principaux groupes politiques (PPE, socialistes et libéraux) sur une résolution commune, ce qui n'est pas arrivé depuis un certain temps. Les socialistes avaient obtenu l'approbation de quelques-uns de leurs amendements, et leur président Martin Schulz avait noté des «tons positifs» dans les interventions de la Commission (le président Barroso et le vice-président Verheugen étaient intervenus dans le débat: EUROPE du 10 mars, p.7). L'appui aurait pu être encore plus large si les verts n'avaient pas décidé de voter contre parce qu'ils n'avaient pas obtenu le retrait de la directive Bolkestein. Or, s'il y a une chose certaine aujourd'hui en Europe, c'est que cette malheureuse directive ne sera jamais approuvée telle que Frits Bolkestein l'avait conçue; qu'elle soit retirée et remplacée par un nouveau projet, ou bien radicalement modifiée, ne change rien à l'affaire. Et de toute manière, c'est un aspect qui ne doit pas figurer dans les conclusions du Sommet. Quoi qu'il en soit, le PE a sa position, soutenue par le centre-droit comme par le centre-gauche. La « Gauche unitaire» a maintenu sa position négative, et ce n'est pas une surprise; l'un des arguments de Francis Wurtz mérite qu'on y réfléchisse; je le ferai demain.

Progrès au Conseil. Le second élément essentiel est représenté par les résultats positifs des Conseils «sectoriels» qui ont préparé le Sommet. Le Conseil « Compétitivité» s'est mis d'accord sur de principes fondamentaux comme le renforcement de la base industrielle de l'Europe, l'achèvement du marché intérieur, le développement des infrastructures, l'amélioration de la gouvernance. Le Conseil Environnement est même allé au-delà de ce que la Commission, prudente, avait proposé, en se mettant d'accord sur de nouveaux objectifs chiffrés pour la réduction future des émissions de gaz à effet de serre. Dans les deux cas, les débats ont été difficiles mais les résultats ont dépassé les prévisions et le Conseil européen ne devrait pas reculer. De son côté, le Conseil «Social» a réclamé la mise en œuvre de l'Agenda Social en indiquant quelques priorités.

Troisième élément à signaler: Nicolas Schmit (très efficace au nom de la Présidence aussi bien au sein du Conseil que devant le Parlement européen) a insisté à plusieurs reprises sur le lien entre la révision de la stratégie de Lisbonne, d'une part, la réforme du Pacte de stabilité et la définition des perspectives financières 2007-2013 d'autre part. La stratégie de Lisbonne ne serait que vaines palabres en l'absence de l'instrument de gouvernance actualisé et des moyens financiers indispensables. (F.R.)

 

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