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Bulletin Quotidien Europe N° 8908
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/bce

Il est temps que la discussion sur le Pacte de stabilité parvienne à une « conclusion convaincante » et qui en améliore le « bras préventif » sans affaiblir son bras « correctif », affirme Jean-Claude Trichet - Si elle etait convaincue de la nécessité d'augmenter les taux d'intérêt, la banque « n'aurait aucune hésitation »

Bruxelles, 14/03/2005 (Agence Europe) - La discussion sur le Pacte de stabilité et de croissance « doit être portée à une conclusion convaincante », a déclaré le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet le 14 mars, lors de son dialogue trimestriel avec la commission économique et monétaire du Parlement européen présidée par la socialiste française Pervenche Berès . Depuis le début, a-t-il rappelé, nous avons dit clairement qu'il y avait de la place pour une amélioration de la mise en œuvre du Pacte, et en particulier de «son « bras préventif », mais sans affaiblir son « bras correctif ». La Commission européenne a ici un grand rôle à jouer, a-t-il estimé (propos salués en particulier par la socialiste néerlandaise Ieke van den Burg), et il a dit à plusieurs reprises: chaque institution doit exercer son rôle, la Commission a « le monopole de la proposition »¸le Conseil décide et nous, à la Banque, avons « le devoir de dire ce que nous pensons ». Interpellé en particulier par l'élu de la CSU Alexander Radwan, M. Trichet s'est attaché à expliquer pourquoi la BCE considère le Pacte « crucial », les considérations évidentes de maintien de la stabilité des prix mises à part. Ainsi, a-t-il rappelé: nous avons une monnaie unique pour douze Etats, mais nous n'avons ni un « budget fédéral » ni une « fédération politique complète », et le Pacte est « donc notre seule réponse aux eurosceptiques » lorsqu'ils nous disent, que « nous avons mis la charrue devant les bœufs ». Nous pouvons leur répondre, a-t-il précisé: oui, nous n'avons pas une structure fédérale, mais nous avons le Pacte qui nous permet d'organiser le suivi de nos économies et « la surveillance des pairs », afin de parvenir à « la cohésion et à la cohérence dans la zone euro ». Etes-vous d'accord avec la « longue « liste de facteurs pertinents qui autoriseraient une plus grande flexibilité dans la mise en œuvre du Pacte présentée par la Présidence luxembourgeoise ? a demandé la libérale danoise Karin Rijs-Joergensen. « Nous n'avons pas demandé de changement » dans le Pacte, a répondu lapidairement M.Trichet. Si vous deviez vous trouver devant « le dilemme cornélien » entre laisser le Pacte tel qu'il est ou le changer au risque de l'affaiblir, que feriez-vous ? A cette question de la démocrate-chrétienne luxembourgeoise Astrid Lulling, M.Trichet a répondu: « je ne vais pas entrer dans votre dilemme. C'est le dilemme du Conseil (…). On va voir comment le Conseil - l'Ecofin et le Conseil européen - va décider, sous la présidence de Jean-Claude Juncker. Monsieur Juncker a été très clair. (…).Chaque institution s'apprête à prendre ses responsabilités. Notre mandat à nous demeure le même: donner à tous les Européens la stabilité monétaire, sur une longue période ».

A propos du rôle des différentes institutions, dans le contexte de l'Union économique et monétaire Pervenche Berès a dit à M.Trichet: j'ai l'impression que vous envoyez parfois des « signaux contradictoires. (…) Pourquoi taquiner Jean-Claude Juncker » sur la question de savoir qui est « Monsieur Euro ? N'avons-nous pas la place pour deux Messieurs Euros, l'un pour le volet monétaire et l'autre pour le volet économique ? ». Je suis d'accord avec Jean-Claude Juncker, « il n'y a aucun problème entre nous », a répliqué en souriant M.Trichet, qui a ajouté: je me suis beaucoup réjoui lorsqu'on a décidé d'attribuer à M.Juncker la présidence du Groupe de l'euro « pendant un long moment », ce qui est « une responsabilité très lourde et importante ».

Au député hongrois Laszlo Becsey (PPE-DE) qui s'interrogeait sur les perspectives des dix nouveaux Etats membres d'adhérer à la zone euro, M.Trichet a rappelé que trois de ces Etats (Lituanie, Estonie et Slovénie, depuis juin 2004: NDLR) appartiennent, comme le Danemark, au « mécanisme de change 2 ». Ce processus s'était « très bien passé », a-t-il constaté. Et il dit: oui, le mécanisme de change peut être considéré comme une sorte «de « salle d'attente » avant l'entrée dans l'euro, dès que les critères de convergence seront remplis.

Plusieurs députés, comme Cristobal Montoro Romero (PPE-DE, espagnol) se sont inquiétés du niveau des taux d'intérêt dans la zone euro. Est-ce vrai que leur hausse est inévitable ? a demandé la conservatrice britannique Theresa Villiers. Nos taux, inchangés depuis juin 2003, sont les plus bas en trente ans et même en cinquante ans, ce qui est bon pour la croissance et la création d'emplois, a insisté M.Trichet, qui a répété que le niveau actuel des taux d'intérêt est approprié. Evidemment, nous restons vigilants, et si nous étions convaincus de la nécessité d'augmenter le taux, « nous n'aurions pas d'hésitation », a-t-il ajouté. Cependant, en répondant au démocrate-chrétien italien Paolo Cirino Pomicino, il a tenu à préciser: c'est clair que les marchés pensent qu'il y aura « plus tard » une augmentation des taux, mais à la Banque, nous restons « fidèles à notre mandat » qui est d'assurer la stabilité des prix. Sur la question de l'inflation (qui reste une de ses préoccupations principales), M. Trichet s'est adressé aux consommateurs, en leur disant: si vous avez peur de consommer parce que vous craignez pour votre pouvoir d'achat, « n'hésitez pas, achetez ce que vous voulez acheter, nous sommes là pour garantir la stabilité des prix, vous pouvez avoir confiance ».

A Pervenche Berès, inquiète du possible impact social de la proposition de Guy Verhofstadt de faire glisser davantage les impôts directs vers les impôts indirects (voir p.12), M.Trichet a répondu à titre personnel, car la BCE n'a pas encore délibéré sur cette idée: « d'une manière générale, dans le monde d'aujourd'hui, je serais assez d'avis que la direction du Premier ministre belge est la bonne direction ». Entre Etats membres, a-t-il rappelé en même temps, il y a des différences énormes dans la proportion fiscalité directe/fiscalité indirecte.

Le prochain dialogue régulier avec le président Trichet est prévu le 23 mai. Entre-temps, a annoncé Pervenche Berès, sont prévues: le 30 mars, une rencontre à Paris avec le gouverneur de la banque de France Christian Noyer (ancien vice-président de la BCE) ; le 19 avril, une rencontre avec M. Bini-Smaghi, successeur de M. Padoa Schioppa au directoire de la BCE; le 25 avril, un dîner avec le président Trichet et des membres des parlements nationaux.

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