Bruxelles, 07/07/2004 (Agence Europe) - De nombreux dirigeants politiques de l'Europe entière ont réagi mercredi à l'annonce du décès du président de la République d'Autriche, Thomas Klestil, en rendant notamment hommage aux convictions européennes du défunt. M.Klestil (71 ans) était décédé mardi soir après avoir été victime, lundi, d'un arrêt cardiaque. Élu une première fois à la tête de l'État autrichien en 1992 et réélu en juillet 1998, M.Klestil arrivait juste au terme de son deuxième mandat de six ans. Il devait effectuer ce jeudi même la passation des pouvoirs en faveur de son successeur élu en avril, le social-démocrate Heinz Fischer, qui sera néanmoins investi jeudi. Le chancelier Wolfgang Schüssel a décrété un deuil national de quatre jours; les funérailles auront lieu samedi à Vienne. "L'Autriche a non seulement perdu un grand homme d'Etat mais également un grand Européen qui avait mis sa vie au service de son pays", a déclaré M.Schüssel.
Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, a écrit au chancelier Schüssel pour exprimer à lui et au peuple autrichien les "plus vives et sincères condoléances". "Européen convaincu, il a joué un rôle majeur dans l'adhésion de l'Autriche à l'Union européenne et dans la contribution de son pays au développement de l'Union. Il a également joué un rôle de pionnier dans la préparation de l'élargissement aux pays d'Europe centrale et orientale", a écrit M.Prodi. Pat Cox, le Président du Parlement européen, a rendu hommage à la "diplomatie calme et efficace" de M.Klestil qui, au cours de son mandat, a rendu visite au Parlement européen à trois reprises (1992, 1998, 2000).
Hannes Swoboda, le chef de la délégation du SPÖ au Parlement européen, a estimé que l'Autriche venait de perdre "un Européen convaincu" qui, en initiant des réunions régulières entre chefs d'Etat des pays d'Europe centrale et orientale, a donné une "impulsion importante" à l'élargissement de l'Union européenne.
M.Klestil était un fervent défenseur de l'idée d'une Europe unifiée et un "allié fidèle" du Conseil de l'Europe, a déclaré le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Walter Schwimmer.
Le Président Klestil avait gagné le respect et l'affection de ses concitoyens pour avoir restauré l'image internationale de l'Autriche, altérée par les révélations sur le passé de son prédécesseur et ancien secrétaire général de l'ONU, Kurt Waldheim, au sein de l'armée du régime nazi. En février 2000, il avait publiquement fait part de sa réprobation lors de l'investiture du premier gouvernement à accueillir le Parti de la liberté (FPÖ) du leader d'extrême-droite, Jörg Haider. Il avait alors critiqué la décision du chancelier Schüssel de former une coalition avec le mouvement de M. Haider.