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Bulletin Quotidien Europe N° 8743
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) acp/omc

Les Etats ACP vont promouvoir à Maurice une plate-forme commune du G 90 pour faciliter le succès des négociations multilatérales

Bruxelles, 07/07/2004 (Agence Europe) - Les ministres du Commerce des 79 pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique) se réunissent du 9 au 11 juillet à Maurice pour arrêter une position commune en vue de préparer la réunion du Conseil général de l'OMC (27-29 juillet à Genève). Cette position du groupe ACP devrait servir de fil conducteur à l'élaboration d'une plate-forme commune à tous les pays du « G90 » dont les ministres du Commerce se réuniront les 12 et 13 juillet à Maurice. Né à Doha, puis renforcé à Cancun, le G90 rassemble en fait 93 pays, à savoir les 79 pays ACP ( tous liés à l'UE par l'accord de Cotonou à l'exception de Cuba), les 9 pays les moins avancés qui ne sont pas membres du groupe ACP (principalement des pays d'Asie du Sud-Est) et les cinq pays africains non-ACP (les pays d'Afrique du Nord). Rappelons que les pays les moins avancés ont déjà défini leur position début mai, consignée dans la déclaration de Dakar, et que les pays de l'Union africaine ont fait de même dans ce qu'il est convenu d'appeler «le consensus de Kigali ».

Sont conviés à la réunion du G90, les ministres du Commerce du Brésil, de l'Inde et du Pakistan, les Commissaires européens Pascal Lamy (Commerce) et Franz Fischler (Agriculture), le représentant américain Robert Zoellick et le directeur de l'OMC Supachai Panitchpadki. La Chine sera représentée par sa délégation déjà sur place à Maurice. Sutiawan Gunessee, l'ambassadeur de Maurice à Bruxelles, l'a précisé mercredi à la presse.

«Notre objectif est de faciliter un accord à la fin juillet lors de la réunion du Conseil général de l'OMC. Nous ne voulons pas que le scénario de Cancun se reproduise. Le G 90 a décidé de contribuer au succès des négociations et veut agir comme facilitateur dans ce processus. Nous serons attentifs aux signaux que nous aurons reçu de la réunion du G5 (UE, Etats-Unis, Australie, Brésil, Afrique du Sud) des 10 et 11 juillet à Paris », a déclaré M. Gunessee. Selon lui, pour qu'un accord soit possible à Genève, des progrès restent à faire sur: 1) le coton africain, dossier urgent et prioritaire pour lequel les quatre pays producteurs seraient peut-être prêts à accepter qu'il fasse l'objet d'un traitement séparé dans le cadre des questions agricoles ; 2) les questions de Singapour pour lesquelles « existent plus ou moins de convergences à propos de la facilitation du commerce, mais demeurent des questions encore ouvertes concernant le règlement des différends et les moyens à mobiliser pour aider les pays du G90 à faire face à leurs obligations » ; 3) l'agriculture ; 4) la formule pour la réduction des subventions. Le 13 juillet au matin, chaque question sera débattue pour dégager une position commune du G90, puis fera l'objet de discussions informelles avec le G 20, avec les Etats-Unis, et avec l'Union européenne. L'après-midi, un deuxième round de discussions réunira le comité directeur du G90 et les pairs invités. Des réunions bilatérales sont prévues entre M. Zoellick et « le groupe Coton », ainsi qu'entre l'UE et le G 20, l'UE et le G90 sur la facilitation du commerce pour favoriser la compréhension mutuelle.

Vives craintes pour l'avenir du textile et du sucre des pays du G 90

L'ambassadeur de Fidji à Bruxelles, Ratu Seremaia Cavuilati, a réitéré les vives préoccupations des pays ACP producteurs de sucre à l'égard de la révision proposée du régime sucre de la Communauté, et les revendications du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement ACP de Maputo (voir EUROPE du 29 juin, p.13), « La réduction significative du prix du sucre, si elle est confirmée, aura un effet catastrophique sur les économies de pays comme le Guyana, Fidji, la Jamaïque ou le Swaziland », a-t-il déclaré, annonçant qu'une ministérielle sucre aura lieu le 12 juillet en marge de la réunion du G90 pour souligner l'importance du Protocole sucre, « instrument de développement exemplaire dans les relations Nord/Sud », pour les pays ACP producteurs, et de l'accès au marché communautaire pour le sucre des PMA. L'ambassadeur de Maurice a ajouté que les pays ACP comme les PMA sont d'accord sur un fait: sans prix rémunérateurs, l'accès au marché pour leur sucre n'a aucun intérêt. Sans compter qu'une réduction du prix de 33% ne profiterait pas au consommateur, mais aux multinationales, comme c'est le cas pour le café, car «en l'absence de conditions, ce sont les multinationales qui profitent de la libéralisation, pas les pays les moins avancés ». M. Luteru, secrétaire général adjoint du groupe ACP, a souligné que des échanges de vues auraient lieu à Maurice sur la coopération ACP/UE avec le Commissaire Lamy, et en particulier sur l'abolition des quotas textiles prévue pour la fin 2004. Syed Maudud Ali, l'ambassadeur du Bangladesh, a mis en garde contre le chômage massif qu'occasionnera cette abolition pour 25 PMA, dont le Bangladesh, la Tunisie, le Vietnam, le Cambodge, le Laos, l'Indonésie et la Jordanie.« Nous avons calculé qu'au Bangladesh, si 20% des entreprises textiles doivent fermer, nous aurons à faire face à 400 000 chômeurs du jour au lendemain, dont 85% sont des femmes», a-t-il déclaré en ajoutant que des pays comme la Chine et l'Inde se tailleront alors la part du lion en accaparant 77% du marché.

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