Bruxelles, 05/11/2003 (Agence Europe) - Dans un discours prononcé le 4 novembre à Washington, le Commissaire européen au commerce Pascal Lamy a expliqué son "état d'esprit actuel sur le Round" de Doha, après l'impasse de Cancun. Selon la presse, l'UE et les Etats-Unis ont "déserté le Round et se montrent les dents, comme deux chats dans un sac", lance M.Lamy (qui a rencontré à Washington son homologue Bob Zoellick et, au Congrès, Bill Frist, Bill Thomas et Chuck Grassley). Or, indique le Commissaire, l'UE "insiste sur un moment de réflexion", qui est nécessaire si on considère "jusqu'à quel point l'UE a déjà ajusté son agenda et son approche en fonction d'objectifs de développement, par exemple pour l'agriculture ou même les questions de Singapour". "Une brève période pendant laquelle nous reconsidérons notre position est essentielle si nous voulons avoir nos mandants à nos côtés", précise M.Lamy. L'objectif, rappelle-t-il, est "d'être prêts pour le Conseil général ( de l'OMC) du 15 décembre à Genève", après une réunion informelle avec les Etats membres le 2 décembre, et des discussions avec le Parlement européen, le monde économique, les ONG, les Etats-Unis, le G20, le Japon et "d'autres". En particulier, "l'équilibre entre accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux est l'une des questions sur lesquelles nous consultons", note M.Lamy, qui constate: si le Round "était mort, et je ne pense pas qu'il le soit, il serait alors raisonnable d'envisager de mettre la plupart de nos oeufs dans le panier bilatéral", et même s'il est seulement dans l'impasse, il est raisonnable d'avancer, en attendant, sur d'autres fronts. Cependant, remarque-t-il, "je ne vais pas perdre mon sommeil parce que Bob Zoellick recherche une zone de libre-échange avec le Maroc", tout comme Zoellick ne s'inquiète guère de me voir faire la même chose avec le Mexique. Washington a six zones de ce type, en comptant la NAFTA pour deux, calcule M.Lamy, en ajoutant: "l'UE, comme Bob aime le souligner, en a quelques-unes de plus". Depuis Cancun, "le reste du monde a soudain commencé à aimer le système multilatéral", relève enfin M.Lamy, pour conclure: "tout n'est pas noir ou blanc (...). Dans l'avenir prévisible, nous en Europe, vous aux Etats-Unis et, de plus en plus, eux en Asie, allons poursuivre un mélange d'accords commerciaux multilatéraux et bilatéraux", ce qui est "sain".