Riva del Garda, 08/09/2003 (Agence Europe) - Alors que la préparation d'une résolution sur l'Irak se poursuit aux Nations unies, les tensions entre les Européens semblaient s'être atténuées lors de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Riva del Garda ce week-end.
Interrogé sur un rapprochement entre les positions françaises et britanniques, le ministre français Dominique de Villepin a indiqué que "nous partageons beaucoup de préoccupations communes (…) je crois que l'objectif des uns et des autres est largement convergent". Il a assuré que son intention est de déboucher dans le cadre des discussions à l'ONU sur "des propositions concrètes, constructives". Le ministre britannique Jack Straw s'est dit "optimiste" sur l'issue des discussions. "Je ne pense pas qu'il y ait de divergence sur la nécessité de rétablir la souveraineté de l'Irak aussi vite que possible, ni sur le renforcement du processus politique et l'amélioration du rôle de l'ONU", a-t-il déclaré. "Quels que soient les désaccords que nous pouvons avoir eus plus tôt cette année, il y a un accord complet sur le fait que nous avons comme intérêt commun d'améliorer la sécurité, poursuivre le processus politique et bien sûr améliorer la vie de la population irakienne", a-t-il précisé.
La France et l'Allemagne avaient jugé, avant la réunion de Riva del Garda, qu'il fallait encore accomplir un "travail considérable" sur la proposition de résolution présentée par les Etats-Unis pour intensifier la présence internationale en Irak et assurer la transition vers des élections. Dominique de Villepin a toutefois estimé samedi devant la presse qu'elle constitue un "pas dans le bon sens". Le ministre allemand Joschka Fischer a remarqué que "l'initiative américaine a lancé le mouvement au Conseil de sécurité des Nations Unies et s'est positif".
Dominique de Villepin a souligné que pour la France, le transfert de souveraineté vers le peuple irakien doit être "un point de départ et non d'arrivée". Rétablir la sécurité ne suffira pas à ramener la stabilité durable, "la réponse doit d'abord être politique", a-t-il fait valoir.
Il a plaidé pour un plan politique en trois étapes: faire du Conseil de gouvernement provisoire et du Conseil des ministres le dépositaire provisoire de la souveraineté irakienne, confier le pouvoir exécutif à ces instances, établir avec les Nations unies un calendrier pour des élections générales, la mise en place d'une assemblée constituante et l'élection d'un gouvernement démocratique.
Sur le plan économique, la France plaide pour que la reconstruction de l'Irak soit confiée aux instances irakiennes chargées de l'administration du pays, avec un contrôle de toutes les ressources financières par les autorités irakiennes et le soutien de la communauté internationale par le biais d'un mécanisme de conférences de donateurs.
Sur le plan militaire, la France estime que la mise en place d'une force multinationale doit être décidée par un mandat du Conseil de sécurité et être au service des nouvelles autorités irakiennes.