Bruxelles, 07/07/2003 (Agence Europe) - Dans son rapport spécial n° 8/2003, rendu public vendredi, la Cour des Comptes se montre très critique au sujet de l'exécution de travaux d'infrastructure (principalement dans le secteur routier) financés par le Fonds européen de développement (FED) dans les pays ACP. Tout en reconnaissant que « les ouvrages examinés contribuent pour la plupart à la mise en œuvre de stratégies sectorielles nationales ou régionales soutenues par la communauté des bailleurs de fonds », la Cour des comptes estime que les insuffisances et les erreurs dans les études « sont à l'origine de nombre des problèmes d'exécution ». De plus, l'absence de contrôle de la qualité de ces études « conduit à fonder un trop grand nombre de marchés sur des cahiers des charges en partie erronés ou irréalistes », peut-on lire.
Les erreurs relevées concernent plus particulièrement: - les routes Addis Ababa-Jima et Addis Ababa-Woldiya en Éthiopie ; - la route Yaoundé-Ayos au Cameroun ; - le port de Zanzibar en Tanzanie ; - la station de traitement des eaux usées de Negril en Jamaïque. Il est conseillé à l'UE et aux Etats ACP de mieux maîtriser la mise en œuvre des marchés de travaux financés par le FED et notamment de réduire l'ampleur des écarts constatés entre les contrats et la réalité de leur exécution. La Cour recommande à la Commission d'augmenter l'aide en faveur des pays ACP pour améliorer les différentes étapes de l'élaboration des marchés et du suivi de leur exécution.
La Cour des comptes a examiné 30 marchés conclus entre 1987 et 2000 par sept pays ACP représentant 13 % du total des marchés de travaux financés par les sixième, septième et huitième FED. La Cour rappelle que la construction et la réhabilitation d'infrastructures - principalement dans le secteur routier - représentent un volet important de la coopération au développement financée par les FED. Fin 2002, les paiements effectués par la Commission européenne au titre de ces travaux représentaient 16 % des sixième, septième et huitième FED et avoisinaient les 3,2 milliards d'euros.
Dans ses réponses, la Commission partage l'essentiel des constats et recommandations de la Cour, mais attire l'attention sur le fait que la Cour ne remet pas en cause la grande utilité économique des infrastructures réalisées et que, de son côté, le Collège a pris depuis le début des années 2000 une série de mesures qui vont dans le sens des commentaires de la Cour.