Naples, 07/07/2003 (Agence Europe) - A l'occasion de la réunion informelle des ministres des Transports présidée par le ministre italien Pietro Lunardi, qui s'est déroulée les 4 et 5 juillet à Naples, la Présidence a proclamé une "Charte de Naples" sur les réseaux transeuropéens de transport (RTE-T) qui sera présentée au Conseil Transports du mois d'octobre. En marge de la réunion, cinq Etats membres ont signé une déclaration conjointe visant à développer les "autoroutes de la mer" (voir autre nouvelle). Les grandes lignes du rapport Van Miert sur les RTE-T ont été présentées aux délégations par Karel Van Miert, président du groupe de haut niveau (EUROPE du 1er juillet, p.7), et la communication de la Commission sur un réseau euro-méditerranéen de transport leur a été illustrée par la Commissaire en charge des transports, Loyola de Palacio (EUROPE du 24 juin, p.9).
La "Charte de Naples" appuie l'intention de la Commission de présenter sa proposition révisée pour les RTE-T, et insistent afin que cela se fasse "aussi vite que possible". Elle souligne par ailleurs la dimension européenne de certains projets d'infrastructure qui, de ce fait, "va au-delà de la responsabilité des seuls Etats membres" (un point sur lequel l'Espagne aurait particulièrement insisté). Enfin, la Charte invite la Commission à développer des options pour des nouveaux instruments de financement, proposés dans sa communication du mois d'avril (EUROPE du 23 avril, p.10), ainsi que des "initiatives" pour améliorer la coordination entre les Etats membres.
Insistant une nouvelle fois sur la nécessité de développer le système des transports européens pour relancer l'économie de l'UE et offrant dès lors tout son soutien au rapport Van Miert, Pietro Lunardi s'est félicité de l'adoption de la Charte, qui "a été appuyée par tous les ministres", a-t-il dit. Cependant, un projet plus substantiel (notamment concernant les aspects financiers, l'idée de créer un "fonds de transport européen" et de mettre en place des mécanismes de coordination et de suivi des projets) présenté le vendredi par la Présidence n'a pas rencontré l'assentiment des délégations, l'obligeant de ce fait à adopter un document "allégé".
Se félicitant également de la Charte, la Commissaire Loyola de Palacio a répété que les perspectives financières 2007-2013 pour les RTE-T devaient être "au moins multiplié par sept" pour atteindre "quatre milliards d'euros par an". Interrogée sur les conséquences d'une telle initiative sur le Pacte de stabilité, Mme de Palacio a répondu "nous n'avons pas parlé d'assouplir le Pacte de stabilité". A l'instar de M. Lunardi, elle a estimé que cette question "concerne les ministres des Finances, et pas ceux des transports".
Dans son intervention pendant les travaux de vendredi, Mme de Palacio a une nouvelle fois stigmatisé l'absence de volonté politique des Etats membres pour assurer le développement des RTE-T. Elle a présenté plusieurs options pour y remédier, certaines figurant dans le rapport Van Miert, comme la création à court terme de "dispositifs légers de coordination et de suivi" pour chaque grand axe. A plus long terme (d'ici cinq ans), la Commissaire estime qu'il faudrait envisager la création d'une structure proprement européenne pour démarcher des investisseurs et gérer les fonds communautaires. Cette idée n'a pas rencontré l'enthousiasme des Etats membres. A part l'Italie (qui l'avait mentionnée dans son questionnaire envoyé aux délégations: EUROPE du 4 juillet, p.10) et l'Espagne, la majorité des délégations présentes (notamment le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, le Portugal et la Belgique) se sont montrées réticentes à cette idée, préférant rester "maîtres" en la matière.
Le Luxembourg garde l'espoir de voir le projet Eurocaprail inscrit dans la liste des projets prioritaires pour les RTE-T
Le ministre luxembourgeois de l'Economie Henri Grethen a confié à EUROPE son optimisme de voir le projet Eurocaprail, reliant notamment Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg, repris par la Commission parmi les projets prioritaires éligibles au financement communautaire lorsqu'elle présentera sa proposition de révision pour les RTE-T. Le ministre a regretté que le Luxembourg soit "le seul pays a avoir été ignoré sur le relevé des projets prioritaires", bien qu'il ait présenté un projet qui "répond aux critères" du groupe Van Miert (voir EUROPE du 24 juin, p.8 et du 1er juillet, p.7). Considérant Karel Van Miert seul responsable de ce choix, et assuré du soutien de la Belgique et de la France, M. Grethen a dit avoir "bonne confiance dans l'appréciation de l'importance de ce projet" par la Commissaire Loyola de Palacio.