Strasbourg, 11/03/2003 (Agence Europe) - Lors de leurs traditionnelles conférences de presse, les présidents des groupes politiques du PE ont surtout été interrogés, mardi, sur les raisons pour lesquelles le Parlement a choisi de tenir un débat sur l'Irak mais sans voter une résolution, à un moment aussi crucial. Du libéral démocrate britannique Graham Watson au socialiste espagnol Enrique Baron, en passant par le démocrate-chrétien allemand Hans-Gert Pöttering, ils ont tous expliqué qu'aucun fait nouveau ne justifierait l'adoption d'une nouvelle résolution, différente de celle adoptée en janvier dernier. Seuls les Verts/ALE souhaitaient une résolution afin que le Parlement puisse demander aux membres européens du Conseil de sécurité de voter contre toute résolution qui légitimerait l'intervention militaire en Irak, a indiqué Daniel Cohn-Bendit en estimant que l'attitude de deux de ces Etats est en contradiction avec la position du récent Sommet extraordinaire alors que l'article 19 du traité prévoit que les représentants européens au Conseil de sécurité doivent défendre la position de l'UE. "Les Américains sont des adeptes modernes du maoïsme", s'est exclamé le coprésident du groupe des Verts en estimant qu'ils ont fait leur le principe selon lequel "le pouvoir est au bout du fusil". "Ils essaient d'imposer leur vision ", a ajouté M. Cohn-Bendit en se prononçant pour un soutien à la démocratisation de la région, qui passe nécessairement par l'Iran: "La clé de la démocratisation de la région, c'est l'Iran (…). C'est la seule société qui, dans la région, se bat massivement pour la démocratie. Aider les Iraniens à se libérer du totalitarisme théologique, c'est favoriser un exemple de démocratisation dans la région et permettre la naissance d'une force politique qui entraînera la poursuite de la démocratisation". M. Watson a constaté que le rapport de M. Blix ne permet pas d'engager une action militaire immédiate et il a apporté le soutien de son groupe à la position défendue par la France. Tout en rappelant la position inchangée de son groupe, M. Pöttering a dit qu'il fallait "moins critiquer les Américains". Et d'expliquer que le problème ne vient pas d'une présence excessive des Etats-Unis mais d'une trop faible présence de l'Europe sur la scène internationale. M. Baron a insisté sur la nécessité de respecter le traité et le "devoir de loyauté" qu'il impose aux Etats membres. Il a reproché au Royaume-Uni et à l'Espagne de soutenir une résolution qui est contraire à la position adoptée par les Quinze lors du Sommet du 17 février.