Strasbourg, 11/03/2003 (Agence Europe) - Le groupe PPE-DE n'a pas réussi, lundi soir à Strasbourg, à faire inscrire à l'ordre du jour de mardi, un débat extraordinaire avec la Commission européenne sur l'affaire Andreasen, la comptable de la Commission qui avait été mutée de poste l'année dernière (plutôt à cause de ses difficiles relations avec la hiérarchie, paraît-il, qu'à son manque de compétence, comme l'indiquerait une note de mai 2002 du directeur général des services de l'audit interne de la Commission, Jules Muis: voir EUROPE d'hier, p.9). Le conservateur britannique Jonathan Evans a réclamé un tel débat, en reprochant à la Commission de ne pas avoir dévoilé au Parlement tous les documents nécessaires pour la compréhension de cette affaire, et en particulier cette note. Elle "nous a induits en erreur", a-t-il protesté. La démocrate-chrétienne allemande Diemut Theato, présidente de la commission du contrôle budgétaire, était plutôt d'accord avec lui. Pourquoi la Commission européenne ne nous a-t-elle pas fait parvenir cette note ?, a-t-elle demandé, en rappelant que, dans une semaine, il y aura le vote en commission sur la décharge à la Commission européenne (pour l'exécution du budget 2001). Selon elle, "c'est vraiment très urgent que nous ayons une explication". "Si cette note dit vrai, alors on a de véritables problèmes", a estimé le coprésident du groupe des Verts Daniel Cohn-Bendit, tout en jugeant plus opportun de poursuivre la discussion à ce sujet dans le contexte de la décharge (voir la nouvelle suivante). "Il y en a assez de faire notre travail sur la base de n'importe quelle découverte de journalistes, s'est-il écrié. Le président du groupe socialiste Enrique Baron a renchéri: nous ne devons pas travailler sur la base de "fuites" dans la presse, nous avons nos débats au sein de la commission du contrôle budgétaire. Et il a lancé: " je croyais que le monstre du Loch Ness faisait ses apparitions en été, mais maintenant, c'est toute l'année, et c'est la cinquième ou sixième fois que nous parlons de cette histoire". Même son de cloche chez le président du groupe libéral, Graham Watson, qui incite à ne pas agir dans la précipitation. La note remonte à mai 2002 et, depuis, le processus de réforme au sein de la Commission a progressé, a-t-il souligné, en se demandant si M. Muis réécrirait la même chose aujourd'hui. Je crois que "c'est une tempête dans un verre d'eau", a-t-il conclu. La plénière a rejeté la demande sur un débat extraordinaire par 113 oui et 134 non.