Bruxelles, 11/03/2003 (Agence Europe) - Le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan a constaté mardi matin à La Haye l'échec des négociations qu'il a menées depuis des années pour réunifier l'île de Chypre, divisée depuis 1974. En s'exprimant devant la presse après des négociations qui se sont déroulées tard dans la nuit, Kofi Annan a précisé que le leader des Chypriotes grecs, Tassos Papadopoulos, avait accepté sa proposition d'organiser un référendum sur son plan de paix, en demandant des modifications qui ne portaient pas sur la substance du texte. En revanche, le Chypriote grec Rauf Denktash s'y est opposé, ayant "des objections de fond sur des points essentiels". Le Secrétaire général de l'ONU a exprimé "sa profonde tristesse". Le bureau de mon envoyé spécial à Chypre, Alvaro de Soto, fermera dans les prochaines semaines, a-t-il annoncé. Si les Nations Unies ne prévoient plus pour l'instant d'organiser les négociations, Kofi Annan se dit "prêt à aider" le jour où les deux parties arriveraient à "une perspective claire et réaliste de finaliser les négociations, avec le plein soutien des mères-patries", la Grèce et la Turquie.
Dans un communiqué publié mardi, l'Union européenne "regrette l'échec des efforts des Nations Unies" mais "confirme que le processus d'adhésion va se poursuivre comme prévu", malgré tout, et comme cela avait été annoncé. Le Traité sera signé avec Chypre "telle qu'on la connaît actuellement", c'est-à-dire avec la République de Chypre, seule reconnue officiellement, a rappelé le porte-parole de la Commission. C'est donc toute l'île qui intégrera l'UE, mais une décision du Conseil des ministres suspendra l'application de l'acquis dans le nord, occupé par les Chypriotes turcs. "Cela n'empêche pas par la suite, en cas d'accord (sur la réunification de l'île), de procéder aux adaptions nécessaires", a précisé le porte-parole. Et il a reconnu que l'UE se retrouvera dans la situation où un pays tiers - en l'occurrence la Turquie - occupera une partie du territoire d'un de ses Etats membres. "On a toujours considéré cette situation comme illégale", a-t-il rappelé. L'argent prévu pour le nord de Chypre pour soutenir la réunification (270 millions d'euros sur trois ans) ne sera pas débloqué tant qu'il n'y aura pas d'accord.
Le porte-parole a réitéré les propos tenus la semaine dernière par le Commissaire Verheugen à l'égard de la Turquie. "Il sera très difficile d'envisager des négociations" d'adhésion avec la Turquie dans "la situation difficile dans laquelle un pays candidat ne reconnaît pas un Etat membre", a-t-il noté. Il s'est refusé à dire officiellement que ce sera impossible. La Commission doit présenter fin 2004 un rapport d'évaluation sur la base duquel les Etats membres décideront ou non d'ouvrir les négociations d'adhésion avec la Turquie.