Bruxelles, 11/03/2003 (Agence Europe) - Le Commissaire en charge de l'élargissement, Günter Verheugen, a estimé lundi que les réformes économiques et structurelles en Bulgarie sont sur la bonne voie et que l'échéance prévue pour l'adhésion du pays à l'UE en 2007 pourra et devra être respectée. Même après la fin des négociations avec les dix premiers pays adhérents, le processus d'élargissement devra se poursuivre pour la Bulgarie (et la Roumanie) en respectant la stratégie et le calendrier fixé par l'UE, sans changer les règles du jeu convenues au moment de l'ouverture des négociations, a souligné le Commissaire devant la presse, à l'issue d'une entrevue avec le ministre bulgare des Affaires étrangères Solomon Passy. Selon lui, il est possible d'avancer dans les négociations d'adhésion avec la Bulgarie (qui doit encore achever les pourparlers dans sept chapitres sur un total de 31), mais la Commission ne pourra sans doute pas présenter aux Etats membres ses projets de position commune sur la négociation des chapitres à forte implication financière (agriculture, budget, politique régionale, etc.) avant d'avoir une idée plus précise sur ce que seront les prochaines perspectives financières (2007-2013) de l'UE. 2003 sera une "année cruciale" pour la Bulgarie, a poursuivi le Commissaire, aussi parce que le prochain rapport régulier de la Commission (attendu pour l'automne) devra donner une indication claire sur la réussite ou non des réformes en cours dans ce pays. Pour le ministre Passy, le succès de la Commission Prodi (dont le mandat expire le 1er novembre 2004) "se mesurera par rapport à sa capacité d'achever les négociations d'adhésion avec tous les douze pays candidats, y compris la Bulgarie". Sofia estime pouvoir conclure ses pourparlers d'ici mi-2004.
La question de l'Irak et l'attitude bulgare (très pro-américaine) à ce sujet a été aussi évoquée, d'autant plus que la Bulgarie siège actuellement au Conseil de sécurité de l'ONU. M. Verheugen s'est catégoriquement refusé de "spéculer" sur d'éventuelles conséquences que le positionnement bulgare pourrait avoir sur ses négociations d'adhésion à l'UE ("il s'agit de deux choses différentes que l'on ne devrait pas mélanger", a-t-il averti), mais il semble que les divergences ouvertes entre Sofia et plusieurs Etats membres actuels aient déjà eu ces derniers mois un certain effet de freinage sur les négociations techniques d'adhésion.