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Bulletin Quotidien Europe N° 8415
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Tablant sur une inflation contenue, la Banque centrale baisse ses taux d'un quart de point

Bruxelles, 06/03/2003 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi, de réduire son taux directeur d'un quart de point de pourcentage, le faisant passer de 2,75 à 2,50%, soit son niveau le plus bas depuis avril 1999. Cette baisse des taux, destinée à donner un coup de pouce à une économie européenne qui tourne à faible régime et dont la menace d'un conflit en Irak obscurcit encore les perspectives, n'en était pas moins attendue. S'interrogeant sur les perspectives de croissance lors de la dernière réunion du G7, le mois dernier, le Président de la BCE, Wim Duisenberg, avait déclaré que la Banque centrale "n'hésiterait pas à agir" si de nouveaux signes d'affaiblissement de l'économie européenne apparaissaient. Or, les chiffres publiés en début de semaine ont montré que le taux de chômage des pays de la zone euro a atteint son plus haut niveau en près de deux ans, passant de 8,5 % en décembre à 8,6 %. Cette nouvelle baisse du taux directeur, qui fait suite à celle décidée le 5 décembre dernier, est accompagnée d'une baisse des deux taux plancher et plafond qui l'encadrent, le taux d'intérêt de la facilité de dépôt, qui passe de 1,75 % à 1,50 %, et le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal, qui passe de 3,75 % à 3,50 %.

Présentant la décision du Conseil des gouverneurs à la presse, Wim Duisenberg a expliqué qu'elle était motivée par "l'amélioration des perspectives à moyen terme en matière de stabilité des prix, due en particulier au ralentissement de la croissance économique et à l'appréciation du taux de change de l'euro". Le président de la BCE a souligné que les données disponibles indiquent que l'activité économique dans la zone euro est restée lente fin 2002 et au cours des premiers mois de cette année, et que les perspectives de croissance en 2003 se sont réduites, en particulier en raison des tensions géopolitiques et de l'évolution concomitante des prix du pétrole. "En conséquence, on ne peut que s'attendre à un taux de croissance économique très modeste cette année", a-t-il affirmé, l'estimant "de l'ordre de 1 % en moyenne". Attribuant la hausse de 0,1 % de l'inflation enregistrée en février à la hausse des prix du pétrole, Wim Duisenberg a néanmoins répété que l'appréciation significative de l'euro sur le marché des changes et le rythme "modéré" de la croissance économique étaient les deux facteurs déterminants pour ce qui est de contenir les pressions inflationnistes. "Si les prix pétroliers baissent, comme on s'y
attend sur le marché, l'inflation devrait tomber en dessous de 2 % et rester à un niveau conforme à la stabilité
des prix",
a-t-il précisé.

Interrogé sur le retour de la croissance, le président de la BCE s'est dit convaincu qu'elle viendrait "essentiellement du rétablissement de la confiance, étroitement liée à la consommation des ménages", ajoutant que "la consommation sera la locomotive de la reprise économique". En outre, a-t-il poursuivi, "nous nous attendons à ce que l'économie mondiale redémarre, de même que nos exportations, parce que nous persistons à penser que l'évolution des changes n'a pas fondamentalement entamé la position concurrentielle de la zone euro". Il a néanmoins manifesté moins d'optimisme quant au chômage et aux réformes structurelles. S'agissant de ces dernières, il a admis que "un certain nombre de choses ont été faites dans plusieurs pays" faisant toutefois remarquer que "cela ne suffit pas. Voilà pourquoi nous pressons les Etats de prendre en main les problèmes de réformes structurelles". Sur le chômage, M. Duisenberg a reconnu que "il ne présente pas de signes évidents de baisse, bien au contraire" et que "il est peu probable qu'il diminue cette année, et rien n'est encore sûr pour ce qui est de l'an prochain".

Enfin, M. Duisenberg a affirmé devant les journalistes que le risque de guerre n'avait pas pesé dans la décision de baisser les taux: "nous ne pouvons pas spéculer sur ce qui se passera si une guerre éclate. Quant aux diverses hypothèses, guerre courte ou longue, nous n'en avons pas tenu compte".

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