Bruxelles, 21/02/2003 (Agence Europe) - Le 20 février, la Présidence grecque a adopté au nom de l'UE la déclaration suivante, à laquelle se sont associés les pays candidats et les pays de l'EEE:
« L'UE tient à exprimer la préoccupation que lui inspire la multiplication des cas d'arrestation arbitraire, de traitement inhumain et de torture de membres de l'opposition et des organisations de la société civile au Zimbabwe. Sept députés du MDC et plusieurs autres membres et sympathisants du MDC ont été arrêtés depuis le 1er janvier 2003. Des informations crédibles et dignes de foi font état de traitements inhumains et de tortures perpétrés à l'encontre de M. Job Sikhala, député du MDC, de M. Gabriel Shumba, avocat spécialiste des droits de l'homme, de trois membres de la "Harare Combined Resident Association" et d'autres personnes arrêtées en même temps qu'eux. Selon d'autres informations, d'autres membres de l'opposition auraient été torturés lors de leur garde à vue au cours de la même période. Par ailleurs, le maire de Harare, M. Elias Mudzuri, a systématiquement fait l'objet, dans l'exercice de ses fonctions, d'actes de harcèlement de la part de la police et d'unités de l'armée qui, tout récemment encore (29 janvier), ont dispersé brutalement et en faisant usage de gaz lacrymogènes une réunion qu'il tenait avec des habitants de Harare. L'UE est également préoccupée par les violences auxquelles se sont livrés récemment des jeunes des deux partis politiques, dans le cadre de la campagne pour les élections locales dans la circonscription de Kuwadzana (Harare), violences qui se sont soldées par la mort de Tunderay Mangwiro, un membre du ZANU-PF. Les deux partis politiques sont invités à faire en sorte que l'élection partielle à venir soit totalement libre et impartiale. L'UE suit de près le déroulement du procès judiciaire du chef du principal parti d'opposition, M. Morgan Tsvangirai, car elle est parfaitement consciente de la signification et de l'importance que revêt l'issue de ce procès pour l'avenir du pluralisme démocratique au Zimbabwe. L'UE invite le gouvernement du Zimbabwe, qui est tenu de garantir le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de faire cesser tous les actes de harcèlement, d'intimidation et de violence à l'encontre de l'opposition et de la société civile. L'UE invite le MDC à faire également preuve de retenue à cet égard. L'UE invite le gouvernement et l'opposition à engager un dialogue sérieux sur une approche commune permettant de surpasser les énormes problèmes que connaît actuellement le Zimbabwe sur le plan politique, humanitaire, social et économique ».