Bruxelles, 21/02/2003 (Agence Europe) - De Genève où se tenait en début de semaine une conférence interparlementaire sur l'OMC, quelque 500 élus de 75 parlements à travers le monde ont estimé qu'il faut ouvrir l'Organisation mondiale du commerce au contrôle parlementaire. A l'occasion de cet évènement, organisé par le Parlement européen et l'Union interparlementaire, le député européen Carlos Westendorp y Cabeza (socialiste espagnol), qui préside la commission de l'industrie, a rappelé que les députés européens s'efforcent déjà depuis un certain temps de doter le système commercial multilatéral d'un processus permettant d'exprimer leurs idées et préoccupations.
« Nous allons inaugurer un processus de réunions entre parlementaires afin que les négociateurs gouvernementaux sachent ce que pensent les représentants des peuples », a annoncé M. Westendorp. « Les négociations (sur l'Agenda de développement de Doha: NDLR) n'avancent pas à la vitesse que nous souhaiterions », a-t-il souligné en invitant ses homologues d'autres pays membres de l'OMC à envoyer un message clair aux négociateurs. Sur la même longueur d'onde, le vice-Président du PE, Renzo Imbeni (Democratici di Sinistra), a insisté quant à lui sur la nécessité de ne pas créer de nouvelles charges administratives et cité, parmi les problèmes dont les parlementaires pourraient utilement traiter, la lutte contre les pandémies et l'accès des populations démunies aux médicaments essentiels. Leur intervention dans ces problématiques enrichirait le débat global et rendrait les procédures de l'OMC publiques et transparentes, a renchéri Erika Mann (sociale-démocrate allemande). Cependant, pour que cette intervention soit plus efficace, il faut que la dimension parlementaire de l'OMC soit formellement reconnue et que des règles de collaboration soient établies, a-t-elle ajouté. Paul Rübig (PPE-DE, allemand) regrette quant à lui que les intérêts des PME ne soient pas suffisamment pris en compte dans le processus de mondialisation, alors que ce type d'entreprise occupe une place importante dans le commerce mondial. Selon lui, l'Agenda de développement de Doha devrait enclencher de nouvelles réductions tarifaires, une élimination des barrières non-tarifaires et une poursuite de la libéralisation des services, outre la clarification du lien entre le commerce et l'investissement. Enfin, pour que le commerce soit un facteur de développement, Conceptiò Ferrer (PPE-DE, espagnole) observe que « il ne suffit pas de garantir l'accès au marché ni d'établir un cadre normatif pour les relations commerciales multilatérales. Il s'agit plutôt de donner aux pays en voie de développement des instruments qui leur permettent de s'intégrer dans le système commercial mondial, en cherchant une synergie entre commerce, développement et politique de développement », estime-t-elle.