Bruxelles, 20/02/2003 (Agence Europe) - Le Parlement européen doit se prononcer lors de sa session de mars sur le programme d'essais cliniques relatifs au traitement des maladies liées à la pauvreté dans les pays en voie de développement. Il devrait à cette occasion adopter le rapport de Gérard Caudron (GUE, français) qui n'apporte que peu de modifications à cette proposition de la Commission qui constitue la première utilisation, dans le contexte du sixième programme-cadre, de l'article 169 (participation de la Communauté à un programme de recherche commun de plusieurs Etats membres). Ce programme, qui fait l'objet d'un assez large consensus interinstitutionnel, devrait être adopté assez rapidement.
Dans un avis rendu le 4 février, le Groupe européen d'éthique affirme que les essais cliniques réalisés dans les pays en voie de développement doivent répondre aux mêmes normes que dans les pays industrialisés mais, eu égard au niveau de développement économique et social de ces pays, il appelle à une vigilance accrue. Selon le groupe, les investisseurs privés ou plublics qui mènent des recherches dans les pays en voie de développement ont "un devoir moral de contribuer concrètement à réduire ces inégalités". Le groupe insiste en particulier sur le partenariat qui doit être mis en place pour ce programme d'essais cliniques. "L'implication de scientifiques locaux du pays d'accueil à un stade très précoce de la planification et de la mise en oeuvre des activités de recherche est cruciale pour le développement d'une culture de collaboration qui se distingue de la charité", souligne le groupe qui rappelle que leur connaissance des conditions et des traditions locales est aussi nécessaire pour identifier les besoins locaux. Les essais doivent porter exclusivement sur (1) des maladies tropicales, (2) des maladies présentes dans les pays développés mais dont l'incidence est particulièrement élevée dans les pays pauvres, (3) la mise au point de traitements répondant à un besoin spécifique des pays en développement. Le groupe souhaite qu'une attention particulière soit accordée au consentement libre et informé des participants aux essais, mais estime aussi que les responsables des communautés locales devraient pouvoir donner leur accord à la mise en oeuvre d'un projet de recherche. Les comités d'éthique des pays hôtes doivent être consultés. Le partenariat mis en place par ce programme devrait servir à établir des comités d'éthique dans les pays d'accueil où ils n'existent pas. A défaut, un comité mixte comprenant des représentants des Etats membres de l'Union et du pays d'accueil pourrait examiner le projet mais aucun essai clinique ne peut être mis en oeuvre sans la participation d'un représentant local indépendant à l'évaluation éthique du projet. Tous les participants devront bénéficier gratuitement d'un traitement à l'issue de l'essai clinique, et cela pour toute la durée de leur vie si nécessaire.