Bruxelles, 19/02/2003 (Agence Europe) - En préface à un document publié lundi à Londres par le Trésor britannique, Tony Blair estime que l'UE n'en fait "pas assez" sur le plan des réformes économiques. "Il reste une quantité décourageante de choses à faire. Mais nous, Européens, devons le faire si nous voulons être compétitifs dans une économie mondialisée", écrit le Premier ministre britannique. Dans le document lui-même, le Trésor considère en substance que l'UE doit entreprendre davantage de réformes économiques si elle veut que la monnaie unique soit un succès. Et Tony Blair d'écrire: "Nous savons ce qu'il faut faire: restructurer les systèmes fiscaux et les prestations sociales afin que le travail rapporte, supprimer les incitations à la retraite anticipée". Commentant le document dans un communiqué, le ministre des Finances Gordon Brown renchérit en estimant que "en Europe, nous devons faire plus pour réformer nos marchés des biens, des capitaux et du travail pour rendre nos économies plus souples (...). Si certains progrès ont été accomplis, le défi collectif auquel nous faisons face est immense: les niveaux de productivité, d'emploi et de croissance ont été régulièrement inférieurs à ceux des Etats-Unis au cours de la dernière décennie (...). Si l'Europe veut répondre à son ambition d'être un leader économique mondial et ne pas être vulnérable aux aléas du cycle économique mondial, alors il est vital de dire au Conseil à Bruxelles le mois prochain (le Sommet de printemps du 21 mars: NdlR) que nous voulons atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés (...). Nous avons besoin de comprendre que, dans un monde où les milieux économiques doivent réagir rapidement et où les gens doivent s'adapter au changement, la flexibilité des marchés du travail, des biens et des capitaux sont des moyens de réussir et non des ennemis de la justice sociale". Rappelons que le gouvernement britannique a indiqué qu'il prendrait d'ici juin une décision sur l'adhésion à l'euro, sur la base de cinq critères dont la flexibilité de l'économie. Dans ce contexte, le document du Trésor et les commentaires du Premier ministre pourraient apporter de l'eau au moulin des adversaires de la monnaie unique (voir EUROPE/Documents N° 2313, daté 14 février 2003, au sujet de la démarche commune Chirac/Schröder/Blair en vue du Sommet de printemps).