Bruxelles, 19/02/2003 (Agence Europe) - En adoptant sa communication sur "l'état d'avancement de la mise en oeuvre des documents d'évaluation conjointe concernant les politiques de l'emploi dans les pays candidats", la Commission européenne constate que l'élargissement ne devrait pas trop perturber le marché de l'emploi de l'Union sauf dans certains secteurs, comme l'agriculture ou les services, a commenté le porte-parole d'Anna Diamantopoulou. La Commission déplore que dans les pays candidats, le problème du sous-emploi des femmes soit la plupart du temps occulté par l'écart réduit avec l'emploi des hommes, et qu'en général les emplois y soient de faible qualité. Dans sa communication, la Commission met en évidence:
1) Principaux défis stratégiques auxquels sont confrontés les marchés du travail des pays candidats: a) accroître les taux d'emploi, qui sont inférieurs à la moyenne CE, le chômage étant particulièrement élevé en Bulgarie, Slovaquie, Pologne, Estonie, Lettonie et Lituanie. Ces faibles taux d'emploi sont essentiellement à attribuer aux faibles taux d'emploi des hommes. A l'heure actuelle, aucun des pays candidats n'a réalisé les objectifs de Lisbonne en matière d'emploi, Chypre se rapprochant le plus (67,9%) et la Pologne s'éloignant le plus (53,8%) de l'objectif global de 70%. Comme la plupart des Etats membres, la majorité des pays candidats sont loin d'avoir atteint l'objectif fixé par le Sommet de Stockholm concernant le taux d'emploi des travailleurs âgés; b) accroître l'offre de main-d'oeuvre: dans la plupart des pays candidats, le processus de transition s'est notamment caractérisé par des retraits considérables du marché du travail. La Commission note que la participation a stagné dans la plupart des pays (bien qu'elle se situe à un niveau élevé en République tchèque et en Slovaquie) mais a continué à baisser en Roumanie, Estonie et Lituanie. Elle a commencé à augmenter en Hongrie, mais à un niveau extrêmement bas. La plupart des pays candidats doivent renverser la tendance et faire revenir sur le marché du travail des pourcentages importants de la population en âge de travailler; c) le fonctionnement du marché du travail devrait soutenir la restructuration de l'économie: - l'importance de l'agriculture dans l'économie de certains pays candidats reste nettement plus marquée que dans l'UE mais les niveaux de productivité sont nettement inférieurs à la moyenne CE. Cette situation est principalement préoccupante en Roumanie (avec une part croissante de l'emploi dans l'agriculture, de 44,4%), Bulgarie (28,3%), Pologne (19,2%). La Lettonie et la Lituanie se situent à mi-chemin (respectivement 15,1% et 16,5%); - les changements dans la structure industrielle sont importants surtout en Hongrie, avec un emploi industriel comparable à celui de plusieurs pays de l'UE et un taux d'emploi dans les services en hausse continue. Les réserves de main-d'oeuvre dans l'industrie restent importantes en République tchèque, Slovénie, Slovaquie et Estonie. En 2001, le taux d'emploi dans l'industrie a été le plus élevé en République tchèque (40,5%), en Slovénie (38,6%) et Slovaquie (37,1%); d) améliorer les niveaux de qualification de la main-d'oeuvre dans le cadre de la restructuration et des pressions futures liées au marché unique: le processus de restructuration en cours a accentué les écarts entre les performances en matière d'emploi des différents niveaux de qualification. Ainsi, le taux d'emploi des travailleurs hautement qualifiés est nettement plus élevé que celui des travailleurs peu qualifiés et les disparités sont encore plus importantes qu'au sein de l'UE. Un sérieux effort de mise à jour des qualifications est nécessaire pour que les pays candidats puissent accroître leur productivité jusqu'au niveau exigé pour être concurrentiels dans une Union élargie.
2) Domaines d'action pour les politiques publiques et les partenaires sociaux: 1) garantir que l'évolution des salaires soit favorable à l'emploi et que les systèmes de prélèvements et de prestations puissent promouvoir l'emploi; 2) investir dans les ressources humaines et agir sur les déficits de qualification; 3) permettre aux services publics de l'emploi de jouer un rôle efficace; 4) promouvoir une approche politique plus proactive et plus préventive; 5) garantir la cohésion sociale et intégrer les minorités ethniques ; 6) moderniser le marché du travail ; 7) promouvoir l'égalité des chances; 8) établir un dosage correct des politiques et garantir leur mise en oeuvre; 9) mettre à disposition des politiques de l'emploi des ressources appropriées, y compris l'investissement dans le capital humain et l'infrastructure sociale.
3) Prochaines étapes de la coopération entre les futurs Etats membres et la Commission. En 2003, elle devra se poursuivre dans quatre domaines: 1) présentation par les futurs membres, au début de cette année, des documents d'évaluation (JAP) en vue de développer des plans de développement nationaux (PDN); 2) présentation des plans d'action nationaux (PAN) pour l'emploi par les futurs membres en octobre 2004; 3) participation des futurs membres aux mesures d'incitation à l'emploi dès 2003; 4) participation des futurs membres, en tant qu'observateurs, au Comité de l'emploi et au Comité du FSE. La coopération avec la Roumanie et la Bulgarie se poursuivra dans le cadre du processus de suivi des JAP, et la Commission présentera un rapport final sur le suivi de ces JAP au cours de l'automne 2003.