Strasbourg, 11/02/2003 (Agence Europe) - « Peut-être ne sera-t-il pas nécessaire de faire la guerre, si Saddam Hussein accepte finalement de désarmer », a déclaré à l'Agence Europe l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne, Rockwell Schnabel en visite mardi à Strasbourg. Tout en restant ferme sur la position américaine, l'ambassadeur a semblé vouloir dédramatiser la divergence entre les Etats-Unis et la « vieille Europe ». Je n'emploierais pas moi-même ce terme de "vieille Europe", a-t-il souligné. Le fait que la France, l'Allemagne et la Belgique aient décidé de voter contre la majorité des membres de l'OTAN lundi soir « était évidemment une déception, mais pas une position finale », a-t-il remarqué. Que la Russie ait rejoint la position franco-allemande lundi était « un peu surprenant », mais là aussi, cette position « n'est pas définitive », juge-t-il. Pour autant, « puisque la résolution 1441 du Conseil de sécurité de l'ONU n'exige pas de nouvelle résolution », l'action militaire sans nouvelle résolution, en cas d'absence d'accord à l'ONU, « reste une option » . Que va-t-il se passer à présent ? Le représentant des Etats-Unis auprès de l'UE s'est refusé mardi midi à préjuger de la suite des événements, et s'est borné à indiquer qu'il fallait attendre le rapport que les inspecteurs de l'ONU présenteront vendredi au Conseil de sécurité.
« S'il y a un Sommet européen, nous espérons vraiment qu'il en ressortira une position européenne unie pour dire à Saddam Hussein de respecter » les résolutions de l'ONU, a-t-il commenté à propos du Sommet que la Présidence grecque a convoqué pour lundi.
Pourquoi les Etats-Unis veulent-ils s'attaquer à l'Irak et pas à la Corée du Nord ? « L'Irak est un problème depuis plus de douze ans, le problème coréen est plus récent, et il se pose dans une région où beaucoup de pays (Japon, Corée du sud, Chine…) sont impliqués dans des discussions », indique l'ambassadeur en guise d'explication. Il s'agit, selon lui, du « même type de problème mais dans des circonstances différentes ».
Rockwell Schnabel était en visite à Strasbourg à l'occasion d'une réunion de l'Intergroupe parlementaire du« Kangourou ».