Bruxelles, 11/02/2003 (Agence Europe) - Amelia Torres, porte-parole du Commissaire à la concurrence Mario Monti, a confirmé que la Commission avait reçu une plainte de quelque 260 pages émanant de la Computer & Communications Industry Association (CCIA) à l'encontre du groupe américain Microsoft. La CCIA, une organisation commerciale qui regroupe une douzaine de membres (parmi lesquels Sun Microsystems, Fujitsu, Nokia, Nortel Networks, AT&T, Verizon, NTT, Oracle, Yahoo !, Sabre, AOL) a officiellement transmis ses griefs le 31 janvier dernier à l'Exécutif européen, griefs selon lesquels le système XP de Microsoft, le dernier système d'exploitation lancé par le groupe, violerait l'article 82 du traité (abus de position dominante). Selon la CCIA, « Microsoft a engagé systématiquement et de manière délibérée des pratiques illégales afin de protéger son monopole Windows et d'exercer un effet de levier sur les marchés voisins des logiciels. Microsoft a utilisé sa forte position sur le marché pour éliminer la concurrence et étouffer l'innovation d'un marché à l'autre ». Ed Black, président du CCIA, souligne que Microsoft viole le droit européen par une « myriade » de comportements abusifs qui restent au coeur de sa stratégie commerciale. « Seuls des marchés concurrentiels peuvent offrir le choix, l'innovation et des prix honnêtes pour les consommateurs. Il est donc impératif d'entamer une action pour préserver la concurrence dans ces marchés et ceux qui leur sont associés et empêcher de futurs comportements anticompétitifs de la part de Microsoft », a ajouté M.Black. L'objectif poursuivi par la CCIA est que Microsoft arrête de lier de manière systématique des produits parallèles à son système Windows afin de permettre à la concurrence de se développer et, éventuellement de permettre l'émergence d'un produit concurrent. Pour rappel, les griefs de la Commission portent notamment sur le fait que Microsoft incorpore d'office son système Media Player à son système Windows, aux dépens des systèmes concurrents. Le système Windows serait conçu, d'autre part, pour mieux fonctionner avec les propres logiciels serveurs de Microsoft plutôt que ceux de ses concurrents tels que Linux et Unix. Un porte-parole de Microsoft, Jim Desler, estime pour sa part que cette plainte est basée sur « de vieux arguments et des allégations réchauffées par un groupe qui tente cyniquement d'influencer le processus ». Mme Torres a souligné que la Commission, qui est sur le point de boucler son dossier concernant Microsoft d'ici l'été, examinera la plainte de manière séparée afin de ne pas retarder l'enquête. La Commission va analyser la plainte et demander des informations à Microsoft si elle le juge nécessaire, a-t-elle précisé. « En fonction de nos conclusions, nous suivront les procédures », a conclu la porte-parole.