Bruxelles, 30/01/2003 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté jeudi une résolution de six groupes politiques (PPE/DE, PSE, ELDR, Verts/ALE, GUE/NGL, UEN) condamnant la décision de la Corée du Nord de se retirer du traité de non-prolifération nucléaire (TPN) et demandant à Pyongyang de revenir sur cette décision, même s'il reconnaît les difficultés humanitaires et d'approvisionnement énergétique du pays.
Le Parlement demande à la Corée du Nord de: - mettre fin à son programme d'enrichissement d'uranium destiné à la production d'armes nucléaires; - maintenir le moratoire sur les essais de missiles balistiques ; - autoriser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique à retourner sur son territoire, et à replacer des caméras de surveillance dans la centrale nucléaire de Yongbyong. En outre, le PE condamne la décision du Pakistan de fournir à la Corée du Nord de la technologie pour l'utilisation de l'uranium. Pour permettre au gouvernement coréen de faire face à ses problèmes humanitaires et d'approvisionnement énergétique, le Parlement soutient tous les projets visant à utiliser les ressources charbonnières du pays et à développer les énergies renouvelables et appelle la Commission à en examiner la faisabilité. Dans ce contexte, il salue la décision de l'UE de poursuivre son aide humanitaire, tout en insistant sur le contrôle de son acheminement
Le Président du Conseil Tassos Giannitsis s'est déclaré très inquiet de la situation tout en insistant sur une solution pacifique. Selon lui, la mission que le Conseil envisage d'envoyer en Corée du Nord "doit se faire à un très haut niveau" (voir EUROPE du 28 janvier, p.5). Le Commissaire au développement Poul Nielson estime pour sa part que "la question des droits de l'homme doit être abordée" lors de cette mission.
Au nom du PPE/DE, le Britannique Charles Tannock a noté que "personne n'est dupe" quant à la volonté du gouvernement coréen de relancer son programme nucléaire "à des fins militaires" et a mis en garde le Pakistan, "notre soi-disant allié, qui devrait réfléchir aux conséquences de ses actes". La Belge Véronique De Keyser estime, au nom du PSE, que "l'attitude de la Corée du Nord est plus inquiétante que celle de l'Irak". Pour l'Italien Jas Gawronski (PPE/DE), il faut éviter deux erreurs: "tomber dans le piège de Pyongyang de diviser les Etats-Unis et la Corée du Sud" et "faire croire aux dictateurs qu'il suffit de violer des accords pour recevoir une assistance".