Bruxelles, 17/09/2002 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté mardi, à Bruxelles, le projet de recherche People (Population Exposure to Air pollutants in Europe) qui a pour objet de mesurer les effets de la pollution atmosphérique sur la santé humaine en se concentrant sur un polluant: le benzène contenu dans l'essence, et sur deux sources émettrices de ce composé cancérogène: les transports et les fumeurs. Dans le cadre de ce projet, deux mille volontaires adeptes de différents modes de transport (voiture individuelle, transports publics, bicyclette ou marche) seront invités à porter un détecteur de pollution, à raison de douze heures par jour, au maximum. L'évaluation sera faite dans les carrefours routiers à forte circulation, mais aussi dans des parcs. Les résultats obtenus seront comparés à ceux obtenus dans un groupe de personnes travaillant en dehors de chez elles ou qui ne quittent pas leur domicile, et dans un groupe de fumeurs.
L'objectif est de détecter le benzène sur de courtes périodes et de fournir un instantané global de la pollution atmosphérique dans les villes européennes et de ses conséquences pour la santé publique. Pour Philippe Busquin, Commissaire européen à la recherche, c'est là l'utilité de tels projets. Dans un communiqué, il déclare: « Une étude indépendante réalisée récemment montre qu'environ 40 000 personnes meurent chaque année des suites de la pollution de l'air dans trois pays européens seulement: la France, l'Autriche et la Suisse. Il est donc évident que la pollution atmosphérique a (…) des effets négatifs à long terme sur la santé humaine, et ce en dépit de la sévérité des normes d'émissions communautaires (…). Les informations recueillies aideront non seulement les décideurs à prendre des décisions fondées en ce qui concerne la circulation et les transports, mais elles aideront aussi les Européens à faire des choix en connaissance de cause pour ce qui concerne leur vie et leur santé ».
Le projet People s'inscrit dans le droit fil du projet Healthy Cities lancé par l'Organisation mondiale de la santé. Il sert les objectifs de la directive sur la pollution de l'air par le benzène (directive 2000/69/CE) qui entrera en vigueur à la fin de l'année, et permettra également de compléter les programmes de recherche de la Commission dans le domaine de l'environnement et la santé. Inauguré le même jour à Bruxelles et Lisbonne, ce projet sera étendu à d'autres villes européennes (Bucarest, Budapest, Dublin, Cracovie, Ljubljana et Madrid).