Bruxelles, 24/06/2002 (Agence Europe) - Lors de la 5ème Assemblée générale du Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme (REMDH) à Athènes, du 13 au 15 juin, une centaine de défenseurs des droits de l'Homme issus de l'ensemble de la région ont exprimé leur profonde préoccupation face à l'absence du juge tunisien Mokhtar Yahiaoui qui, privé de son passeport par les autorités tunisiennes, a été empêché de quitter son pays. De même Lyad al-Alami et Hamdi Shaqqura du Centre palestinien des Droits de l'Homme, n'ont pas pu quitter la bande de Gaza, après avoir attendu 13 heures au poste frontière de Rafah. L'Assemblée générale a exprimé son soutien à Zouhair Yahyaoui arrêté le 4 juin et qui risque jusqu'à cinq ans d'emprisonnement pour avoir diffusé des informations sur la Tunisie sur Internet ainsi qu'à Marwan Barghouti, toujours maintenu en isolement par les autorités israéliennes. Les participants ont aussi exprimé leur profonde préoccupation quant à la condamnation de l'ancien député jordanien Toujan al-Faisal, condamné à dix-huit mois d'emprisonnement à la suite de nouvelles lois limitant la liberté d'expression en Jordanie.
Les 45 groupes de défense des droits de l'Homme provenant de 21 pays du bassin méditerranéen ont aussi vivement critiqué les violations fréquentes et graves des droits des détenus étrangers en Grèce. Ils constatent notamment que: (1) les migrants ou demandeurs d'asiles illégaux sont souvent jugés, sans bénéficier de conseil juridique, et condamnés à l'emprisonnement ou à l'expulsion après des procès ne durant que quelques minutes ; (2) les conditions de détention sont dans de très nombreux cas dégradantes et inhumaines et l'accès des avocats et des ONG a été sévèrement et arbitrairement limité. Ils saluent la déclaration du Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe qui a dit que « la Grèce ne devrait pas oublier que les expulsés sont aussi des êtres humains » et ils appellent les autorités grecques à modifier radicalement leur manière de traiter les étrangers arrêtés, emprisonnés, jugés ou expulsés. L'ONU, l'OSCE, le Conseil de l'Europe et l'Union européenne sont appelés à utiliser tous les mécanismes à leur disposition pour obtenir de la Grèce qu'elle respecte ses engagements en matière de droits de l'Homme.